Saison 2 par Ol Kainry & Dany Dan

cover-de-la-saison-2-d-ol-kainry-dany-dan-700x723

 

 « Old Shcool, new school non là n’est pas la question » cette phrase faisant office de gimmick dans « Zyeux Blancs » ne date pas d’hier et résume à elle toute seule le sentiment qui m’envahit après l’écoute de « Saison 2 ». Car si Dany Dan et Ol Kainry réussissent le pari d’être toujours à l’affiche malgré les années qui passent, on ne peut s’empêcher de penser que cet album date d’une autre époque. Le titre « #hiphop » en est le parfait exemple avec une instru et un refrain qui sent la fin des années 90 en lorgnant malheureusement plus vers la parodie que vers l’hommage. D’un autre coté les deux mcs sont techniquement toujours à l’aise et leurs flows pourtant différents en de nombreux points sont toujours aussi complémentaires. Outre le côté légèrement daté du disque (qui peut aussi avoir son charme) l’autre petit reproche que je ferais à cet album concerne l’aspect trop sage du contenu. Je m’attendais en effet à des morceaux un peu plus ancrés dans le délire de la part de deux mcs qui d’ordinaire officient en roue libre sans se soucier des modes et des normes du rap Français. Certes certains morceaux détonnent par leur thème (l’excellent « miss météo ») et d’autres sortent du lot grâce à des références bien golmons et des rimes de déglingués comme seul Dany Dan sait le faire. Celle par exemple où le rappeur du 92 associe « cétacée » avec « c’est assez » restera, c’est certain, dans les annales du rap français. D’autres titres plus basiques retiennent notre attention notamment « Lalala » chanson de drague hip hop à l’instru planante et « Quand les tontons flingues… » où les styles des deux rappeurs s’enchaînent à merveille sur une prod qui reste efficace et entêtante. Deux morceaux restent néanmoins en dessous de tous les autres. D’une part « Où est le love ? » plombé par une instru un peu faiblarde et un refrain chanté particulièrement hideux et d’autre part « Classic Shit » où les featuring présents pourtant en partie prestigieux peinent à se mettre en avant la faute peut être à la durée du morceau, pas assez longue pour ce type de titre-partouze. Dans l’ensemble, « Saison 2 » reste un album agréable à écouter et où les deux protagonistes font sérieusement le taf sans pour autant révolutionner quoi que ce soit. Une demi déception donc dû au fait qu’on attend nettement plus de ce type de collaborations entre rappeurs confirmés.

Ol'Kainry & Dany Dan "Deglingos" // NOUVEL ALBUM 12 MAI DANS LES BACS

 

Tatatssin par tout un tas de chanteurs et de chanteuses et même quelque rappeurs

L'influence de Renaud sur la scène musicale hexagonale est indéniable. De la nouvelle chanson français aux rappeurs d'aucuns reconnaissent le talent de l'artiste et l'impact du chanteur parisien sur leurs oeuvres. Cette compilation généreusement offerte sur YouTube en est la preuve s'il en fallait une. Mise en ligne un mois avant la sortie d'une autre compilation intulilé "La bande à Renaud", ce projet apparait comme l'opposé de ce dernier. En effet, pour Tatatssin peu ou prou de stars mais plutôt des artites émergents et dans tous les cas plutôt éloignés du show-bizness. Quant aux titres repris, ils ont été piochés dans les différentes périodes qu'a connu la carrière de Renaud et sont à quelque exceptions prés des titres plutôt confidentiels. Point de "Mistral Gagnant" donc ni même de "Dés que le vent soufflera" mais plutôt des chansons appréciés par les fans sans être pour autant connu du grand public. Parmi celles ci, on notera "Son bleu" qui bien qu'assez fidèle à l'originale figure parmi mes préférés du disque. Les autres pistes par contre détonnent par leurs arrangements tant les orchestrations utilisés sont différentes des originaux sans pour autant virer au comique. C'est notamment le cas avec les deux titres aux sonorités hip hop que sont "Pierrot" et "La tire à dédé". "J'ai la vie qui me pique les yeux", "Vient chez moi j'habite chez une copine" et "It is not because you are" retrouvent une seconde jeunesse salutrice pour des titres qui étaient marqués par le temps. Pour autant, les reprises qui m'ont le plus scotché sont : "Ma gonzesse", "Tant qu'il y aura des ombres" qui permets de (re)découvrir cette petite merveille méconnu du grand public et surtout "Triviale Poursuite" et "Je m'appelle Galilée" qui grâce à leurs arrangements nettement moins kitchs que ceux des originaux et leurs interprétations toute en douceur pour l'un et toute en sensualité pour l'autre réussissent le pari d'être mieux que les chansons originales. Un projet au contenu certes innégal mais qui par sa démarche courageuse et anti-commerciale mérite largement d'être mis en lumière.

http://www.tatatssin.com/

6