Les Chroniques de Darry

10 juin 2014

Chroniques de Darry #5 Pand'or - Odezenne - L'entourage - La Bande à Renaud

La bande à Renaud par tous un tas de chanteurs et de chanteuses qu'on sait pas trop pourquoi ils sont là.

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J'avais, il y a peu, chroniqué un album de reprises de Renaud que j'avais trouvé fort sympatique et que les auteurs, ultime preuve de sympathie, avait laissé en libre téléchargement sur Internet. Le disque dont je vais vous parler ci dessous en est le parfait contraire. Là où le 1er cumulait originilaté, bon choix de chanson, interpréte plus ou moins connus, le second étale ses stars mais fournit une oeuvre formaté en tout point (à quelque rares exceptions) et fond particulièrement variétoch et de mauvais goût.

Debriefing titre par titre :

Manu par Jean-Louis Aubert : j'ai jamais été un grand fan de la voix d'Aubert mais là ça atteint des sommets de fausseté ce qui ma foi est une manière comme une autre de rendre hommage à Renaud. Arrangements variétoche bien pourrave comme sur les 3/4 des chansons du disque.

Mistral Gagnant par Coeur De Pirate : niveau arrangement c'est un copié collé parfaitement inutile, pour la voix je trouve que ça passe mais je suis pas objectif car fan de l'organe de Coeur de pirate à tel point que même si elle chantait le bottin ça m'aurait plu.

La pêche à la ligne par Bénabar : sa façon de chanter est tout juste insupportable. Cette façon de jongler entre le chanté et le parlé qui tombe mal m'horripile. Les arrangements je préfère même pas en parler, je vais être grossier.

Laisse béton par Disiz : Attenton je vais dire du bien de Disiz, c'était pas arrivé depuis 2002. En effet cette reprise est une des rares réussite de l'album à mes yeux. Une interprétation originale et couillu qui évite de lorgner vers le karaoké. 

Il pleut par Elodie Frégé : Aucun intérêt une fois de plus en ce qui concerne les arrangements. Sinon Elodie Frégé a une jolie voix mais pas pour ce type de texte. Décalage total.

Chanson pour pierrot par Raphael : Fade. Mais alors à un point. Une expression musicale de l'ennui. Ce qui est quand même fort car pour moi cette chansone est une des plus réussis de Renaud.

Hexagone par Nicolas Sirkis : J'ai bien aimé. Alors en effet, on dirait un pote qui te la chante un soir de fête de la musique mais je trouve que ça s'accorde bien avec la chanson.

Deuxième génération par Benjamin Biolay : Deuxième surprise. Version bien personnelle mais qui sonne pas ridicule pour autant. Pour moi la définition d'une bonne reprise. 

La ballade Nord Irlandaise par Nolwen Leroy : Troisième surprise. Belle voix. Interprétation et arrangements personnels et collant bien à l'ambiance. Je serais pas étonné que la demoiselle l’intègre à son tour de chant.

En cloque : Thiéfaine était le seul dont la présence était un tant soit peu crédible, malheureusement sa version d'en cloque patine surtout quand on connait la version qu'il avait fait sur scène dans les années 80. Mais ça reste une des moins pires.

C'est quand qu'on va où ? par Carla Bruni : Carla Bruni qui reprend une des chansons les plus anarchisantes de Renaud où comment faire monter la haine en moi en l'espace de quelque seconde. Surtout que mauvaise foi à part, elle miaule plus qu'elle chante et les arrangements n'ont aucun intérêt ce qui devient une habitude.

Je suis une bande de jeunes par Renan Luce, Alexis HK et Benoit Doremus : troisième surprise. La collaboration des trois artistes fait pas du tout fabriqué et le texte leur va à ravir. A noter que les 3 artistes ont interpreté ce titre à maintes reprises lors de leur tournée commune. Une des seules bonne reprises n'est donc pas une nouveauté ce qui en dit long sur la qualité de la galette.

La médaille par grands corps malade : T'as cru que j'allais dire un truc bien sur Grands Corps Malade ? Hé ben non, son slam colle pas du tout avec le piano de "La médaille" et c'est juste horrible à souhait.

Dés que le vent soufflera par tout le monde ou presque : bon déjà l'idée même de la collégiale en mode "enfoirés" c'est pourri mais alors là aucun naturel aucun intéret et des arrangements karaoké à vomir

En bonus le clip totalement hors propos de Coeur De Pirate.

Coeur de pirate - Mistral Gagnant

 

 

Rien par Odezenne - EP de transition

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La folie douce d’Odezenne est de retour avec Rien, EP composé de 5 titres, déjà disponible en digital, et à partir du 9 juin en physique (CD et Vinyl). Successeur de l’excellent et bien nommé O.V.N.I. sorti il y a deux ans, ce nouveau disque d'Odezenne propose des textes pointus, des prods hypnotiques et expérimentales, le tout porté par deux rappeurs à la voix suave et aux flows certes basiques mais toujours efficaces car teintés tour à tour de sensualité ou de violence en fonction des titres. Parmi ceux-ci, Je veux tout baiser sort du lot, avec son ambiance musicale inspirée de la BO de Twin Peaks, et son texte erotico-poétique, s’inscrivant parfaitement dans la tradition odezienne. Ce titre, à l’instar « du plus beau cul du monde » et de « saxophone » va certainement devenir un de ceux les plus réclamés sur scène par le public. Quant à « Rien » premier extrait de cet E.P. il détonne par son refrain en anglais qui semble tout autant craché que rappé. Seul Chimpanzéest un chouia en dessous même si le morceau reste sympathique. Novembre pour sa part apporte un peu de calme avant que Dieu est grand titre particulièrement planant vienne clôturer le disque en beauté. Un projet concis, certes, mais complexe, qui s’apprécie nettement plus s’il est écouté dans son intégralité. Cependant, une question surgit dès la première écoute. Est-ce toujours du rap ? Les instrus du groupe étaient déjà bien en marge du rap classique sur OVNI, mais on se rapproche de plus en plus de l’électro-pop aux textes scandés que du rap à proprement parler. Qu’importe au fond, la qualité est au rendez-vous, et c'est bien là l'essentiel.

Odezenne - Je Veux Te Baiser (Clip Officiel)

Dans ma boite vol.2 par Pand'or - back to the 90's

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S’il y a une chose que l’on ne peut pas reprocher à Pand’or, c’est bel et bien de dénigrer la qualité de ses textes. Son niveau d’écriture est toujours aussi élevé et ses titres comportent plus d’images, de références culturelles et de véritables punchlines qu’une bonne partie de la production francophone actuelle. L’excellent remix de Poignée de punchlines produit par Street Rockaz en est d’ailleurs la meilleure preuve qui soit. Il en est de même pour Quoi ma gueule sur une grosse prod de Vaati. Et c'est justement là que le bât blesse :  certaines instrumentales sonnent particulièrement old school, et font doublon avec le flow de la rappeuse, qui sent lui aussi les 90's. Un coté à l’ancienne qui, s’il fait mouche à la première écoute, peut lasser à la longue. Malgré tout, l’ensemble sonne juste et efficace, notamment lorsque les instrumentaux sortent des sentiers battus comme c’est le cas avec Shakalak sur lequel Pand’or livre sa meilleure prestation. Parmi les bonnes surprises notons la présence de S’enfumer où la rappeuse rappe sa dépendance avec une sensibilité et une franchise assez touchante. Les collaborations sont rares, et force est de constater qu’elles apportent peu ou prou, car bien souvent trop proches du style de la rappeuse. Globalement, Dans ma boite Vol.2 est un bon projet, qui se laisse écouter agréablement, même si on regrette certains choix peu judicieux de prods et ou de featurings.

Pand'or - Sombre (Prod Street Rockaz) Clip

Jeunes entrepreneurs par L’entourage - Rap d'ascenceur

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 La musique de L'entourage n’est pas mauvaise. Elle n’est pas bonne non plus. Elle est juste fade. Impossible pour moi de préférer un morceau à un autre, ni même de différencier un rappeur du collectif de son collègue. Tous les sons se ressemblent, les thèmes sont répétés à l’infini, et interchangeables à volonté d’un projet à l’autre. La majorité des titres présents sur ce disque pourraient l’être sur n’importe quel album de 1995 ou du S-Crew. Pire, des rappeurs comme Jazzy Bazz ou Deen Burbigo, que je trouvais plutôt bons en solo perdent tout intérêt une fois intégrés au collectif. La profusion de projets produits en seulement quelques années n’a certainement pas aidé. Malgré des instrus pas forcément dégueulasses, la formule ne prend pas, la faute à des flows trop simplistes et répétitifs, et à des textes caricaturaux abordant des thèmes maintes et maintes fois traités dans le rap français. Résultat : peu de choses à dire tant cet album s’entend plus qu’il ne s’écoute. Je suis presque incapable de citer une phrase de l’album ni même de dire quels sont mes morceaux préférés. Seul « Le vicieux » a un tant soit peu attiré mon attention. Pour le reste nada, que dalle, peau d’zob. On connaissait le rap conscient et le rap de rue, avec cet album L’entourage vient d’inventer le rap d’ascenseur.

L'Entourage - Caramelo (Clip Officiel)

 

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19 mai 2014

Chroniques de Darry #4 Ol Kainry Et Dany Dan - Tatatssin

Saison 2 par Ol Kainry & Dany Dan

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 « Old Shcool, new school non là n’est pas la question » cette phrase faisant office de gimmick dans « Zyeux Blancs » ne date pas d’hier et résume à elle toute seule le sentiment qui m’envahit après l’écoute de « Saison 2 ». Car si Dany Dan et Ol Kainry réussissent le pari d’être toujours à l’affiche malgré les années qui passent, on ne peut s’empêcher de penser que cet album date d’une autre époque. Le titre « #hiphop » en est le parfait exemple avec une instru et un refrain qui sent la fin des années 90 en lorgnant malheureusement plus vers la parodie que vers l’hommage. D’un autre coté les deux mcs sont techniquement toujours à l’aise et leurs flows pourtant différents en de nombreux points sont toujours aussi complémentaires. Outre le côté légèrement daté du disque (qui peut aussi avoir son charme) l’autre petit reproche que je ferais à cet album concerne l’aspect trop sage du contenu. Je m’attendais en effet à des morceaux un peu plus ancrés dans le délire de la part de deux mcs qui d’ordinaire officient en roue libre sans se soucier des modes et des normes du rap Français. Certes certains morceaux détonnent par leur thème (l’excellent « miss météo ») et d’autres sortent du lot grâce à des références bien golmons et des rimes de déglingués comme seul Dany Dan sait le faire. Celle par exemple où le rappeur du 92 associe « cétacée » avec « c’est assez » restera, c’est certain, dans les annales du rap français. D’autres titres plus basiques retiennent notre attention notamment « Lalala » chanson de drague hip hop à l’instru planante et « Quand les tontons flingues… » où les styles des deux rappeurs s’enchaînent à merveille sur une prod qui reste efficace et entêtante. Deux morceaux restent néanmoins en dessous de tous les autres. D’une part « Où est le love ? » plombé par une instru un peu faiblarde et un refrain chanté particulièrement hideux et d’autre part « Classic Shit » où les featuring présents pourtant en partie prestigieux peinent à se mettre en avant la faute peut être à la durée du morceau, pas assez longue pour ce type de titre-partouze. Dans l’ensemble, « Saison 2 » reste un album agréable à écouter et où les deux protagonistes font sérieusement le taf sans pour autant révolutionner quoi que ce soit. Une demi déception donc dû au fait qu’on attend nettement plus de ce type de collaborations entre rappeurs confirmés.

Ol'Kainry & Dany Dan "Deglingos" // NOUVEL ALBUM 12 MAI DANS LES BACS

 

Tatatssin par tout un tas de chanteurs et de chanteuses et même quelque rappeurs

L'influence de Renaud sur la scène musicale hexagonale est indéniable. De la nouvelle chanson français aux rappeurs d'aucuns reconnaissent le talent de l'artiste et l'impact du chanteur parisien sur leurs oeuvres. Cette compilation généreusement offerte sur YouTube en est la preuve s'il en fallait une. Mise en ligne un mois avant la sortie d'une autre compilation intulilé "La bande à Renaud", ce projet apparait comme l'opposé de ce dernier. En effet, pour Tatatssin peu ou prou de stars mais plutôt des artites émergents et dans tous les cas plutôt éloignés du show-bizness. Quant aux titres repris, ils ont été piochés dans les différentes périodes qu'a connu la carrière de Renaud et sont à quelque exceptions prés des titres plutôt confidentiels. Point de "Mistral Gagnant" donc ni même de "Dés que le vent soufflera" mais plutôt des chansons appréciés par les fans sans être pour autant connu du grand public. Parmi celles ci, on notera "Son bleu" qui bien qu'assez fidèle à l'originale figure parmi mes préférés du disque. Les autres pistes par contre détonnent par leurs arrangements tant les orchestrations utilisés sont différentes des originaux sans pour autant virer au comique. C'est notamment le cas avec les deux titres aux sonorités hip hop que sont "Pierrot" et "La tire à dédé". "J'ai la vie qui me pique les yeux", "Vient chez moi j'habite chez une copine" et "It is not because you are" retrouvent une seconde jeunesse salutrice pour des titres qui étaient marqués par le temps. Pour autant, les reprises qui m'ont le plus scotché sont : "Ma gonzesse", "Tant qu'il y aura des ombres" qui permets de (re)découvrir cette petite merveille méconnu du grand public et surtout "Triviale Poursuite" et "Je m'appelle Galilée" qui grâce à leurs arrangements nettement moins kitchs que ceux des originaux et leurs interprétations toute en douceur pour l'un et toute en sensualité pour l'autre réussissent le pari d'être mieux que les chansons originales. Un projet au contenu certes innégal mais qui par sa démarche courageuse et anti-commerciale mérite largement d'être mis en lumière.

http://www.tatatssin.com/

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27 avril 2014

Chroniques de Darry #3 Scoop & J.Keuz - Le Foulala - Bigflo Et Oli

De l’acide dans les idées par Scoop & J.Keuz - Un peu de folie ne vous fera pas de mal

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Scoop et J.Keuz est un groupe à l’ancienne compose d’un Mc (J.Keuz) et d’un beatmaker (Scoop) et dont la production semble taillé pour la scène d’où la légère peur à l’idée de les entendre sur disque. Pour autant dès la première piste ma crainte s’efface devant l’efficacité des productions, la qualité des textes et ce flow énervé qui apporte une tension plus que palpable à chaque écoute. Les intrus toutes signées Scoop sont dans une veine assez old school avec un petit plus pour chaque morceau tantôt minimaliste tantôt rock voir dub. Les textes quant à eux sont particulièrement bien écrits et nécessite parfois deux écoutes pour être intégralement compris. Dans l’ensemble, leur travail rappelle parfois celui d’odezenne l’agressivité en plus. Les thèmes abordés et le langage utilisé détonnent par rapport à ce que le rap français produit d’ordinaire. Non pas que l’écriture soit intellectualisé (chose que je déteste) mais la violence n’est jamais là où on l’attend et il est en de même pour les instants plus calmes. Le tout gagne en cohérence grâce aux prods efficaces et aux effets parfois hypnotiques. Parmi les 17 titres qui composent cet album, certains comme «Les Moustiques», « Beige », « Une chemise et un cul » ainsi que le très énervé « Laissez-nous 30 000 » sortent du lot.

En téléchargement ici : https://itunes.apple.com/fr/album/lacide-dans-les-idees/id853690319

http://scoopetjkeuz.blogspot.fr/

Scoop & J.keuz - L'acide dans les idées (clip)

Moi, mes potes, ma caisse et mon chien par Le Foulala - Baisse la vitre de ta caisse et monte le son

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Ceci est le 1er album solo de Le Foulala membre du groupe Les sales blancs. Au programme de cet opus, musique g-funk, détente, ambiance défonce, hymne à la culture West Coast et une multitude de featuring tous à la hauteur du projet. Produit entièrement par le prolifique Aelapéacha, l’album se distingue en premier lieu par la grande qualité des intrus qui confirment, s’il le fallait, le talent et le poids de ce dernier dans le rap game français. L’album sonne donc g-funk du début jusqu’à la fin, cette couleur unique en lassera certain mais elle apporte une cohérence au projet et s’inscrit parfaitement dans l’univers du rappeur. Coté textes, Le Foulala ne change rien aux habitudes de son crew et enchaine les égotrips tous plus ensoleillés les uns que les autres. Cette décontraction au micro est totalement assumé par le rappeur qui dès la seconde piste préviens les auditeurs que s’ils « veulent du thème » autant « écouter NTM ».  Point de rap conscient donc si ce n’est le titre final «Est-ce que ce monde est sérieux » contenant un sample de Francis Cabrel et dénonçant avec sincérité et sans aucune démagogie les dérives de notre monde. Autre référence à la chanson française avec « Juste une question » reprenant plusieurs gimmicks de Gainsbarre dans « no comment ». Toujours du côté des reprises, on notera le titre « Le Foulala » qui reprend quant à lui le refrain du classique américain « fu-gee-la ». Techniquement, le flow de Le foulala est classique mais efficace car adapté au style g-funk propre à cet album. Les invités fort nombreux sont tous de qualité même si je me dois de décerner une mention spéciale à Papillon Bandana qui s’immisce avec talent sur trois titres. Pour conclure, je dirais que cet album est le disque parfait pour cet été quand l’envie vous prendra de flâner au soleil et lors de vos barbecue entre potes.

En écoute et vente digiltale et physique ici : http://lessalesblancs.bandcamp.com/album/moi-mes-potes-ma-caisse-et-mon-chien

LE FOULALA "Croise Les Doigts" 2013

Le Trac par Bigflo et Oli - Rap jus de pomme, approuvé par le ministère de l'éducation

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Découverts par rap contenders puis mis en avant par Orelsan (1ere partie de son zénith à Toulouse, invitation à planète rap) Bigflo et Oli est un duo d’adolescents dont vous avez certainement entendu parler puisqu’ils sont les chouchous des médias. Buzz assez incompréhensible pour ma part tant l’écoute de ce disque m’a plus fait rire qu’autre chose. A commencer par le 1er single « Monsieur tout le monde » dans lequel les deux jeunes rappeurs raconte la dérive d’un homme qui noyé dans le désespoir tue sa femme et sa fille, avant de se suicider. L’idée de base n’est pas mauvaise sauf que les deux mcs se contentent de raconter la descente aux enfers de ce français moyen sans jamais apporter une quelconque réflexion mais plutôt en jouant la carte du récit larmoyant à laquelle on ne peut pas rester insensible. Sauf qu’évidemment les ficelles sont des vraies cordes et que la formule ne prend pas. Cette façon de jouer sur les sentiments est d’ailleurs le principal défaut de cet opus. Leurs textes sont tour à tour larmoyants comme sur « jeunesse influençable » ou bien au contraire débordants de niaiseries comme sur le second single « Gangsta » où leur façon d’aborder le thème est encore plus caricaturale que la dérive qu’ils sont censés dénoncer. Ce qui marque le plus à l’écoute de ce disque c’est la volonté de formater leur œuvre à destination des médias de masse et de la jeunesse à tel point qu’un sticker « Approuvé par les parents d’élèves » n’aurait été en rien ridicule sur le CD. Le résultat est donc risible mais les deux mômes ont l’air de prendre leur pied ce qui ma foi est une bonne chose pour eux. Mon agacement concerne plus les producteurs de ce disque et à plus grande échelle les médias de masse qui comme d’un commun accord plébiscitent tous ce projet alors que de nombreux albums beaucoup plus aboutis  mériteraient d’être mis en lumière.

Bigflo & Oli - Gangsta

Et en cadeau un petit freestyle extrait de planète rap avec notamment big flo et oli et Aelpeacha dont je vous parlais plus haut. C'est interessant à partir de 11.00 minutes. Fou rire garanti. Merci à celui qui m'a filé ce lien sur twitter, je sais plus qui c'est mais respect.

FREESTYLE ORELSAN - GRINGE - AELPEACHA - BIG FLO & OLI - MOKER

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15 avril 2014

Mon top 10 des films avec Louis De Funès partie 1

Le cinéma français de ces 25 dernières années à quelque exceptions près m'emmerdent profondément. J'ai donc décidé de mettre en lumière les films, les réalisateurs et les acteurs qui m'ont marqué durant ce que je considère comme l'age d'or du cinéma héxagonale, s'étalant selon moi de 1950 à 1990. Pour commencer cet hommage, j'ai décidé de vous parler de l'acteur francophone le plus célèbre de tous les temps et qui marqua particulièrement mon enfance, j'ai nommé Louis de Funès. Voici donc la première partie de mon top 10 des films avec Louis de Funès.

10. Des pissenlits par la racine

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Ce film est une exception dans la filmographie de Louis De Funes et cela pour deux raisons.  La première est dans le générique puisqu’il s’agit du seul film où sont réunis Audiard aux dialogues, Lautner à la caméra et Louis de Funes à l’écran. Certes l’acteur avait déjà travaillé avec le célèbre dialoguiste mais c’était pour des seconds rôles voir des simples figurations. Quant à Lautner, c’est seulement un an après le génialissime « Tontons Flingueurs » qu’il nous livre « du pissenlit par la racine », un film de gangster comme seuls les français savaient les faire à l’époque. Peu ou prou de pétarade mais une intrigue simple et efficace, des dialogues de hautes voltiges et des acteurs avec la gueule et la gouaille qui vont avec.

La seconde chose qui fait la particularité de ce film, c’est le rôle tenu par Louis De Funes car il est particulièrement éloigné de ceux qu’il tiendra durant la décennie à venir et qui feront de lui un des acteurs français les plus populaires.  En effet, il ne joue ni un chef d’entreprise, ni un homme fortuné et pas même un petit chef teigneux au caractère bien trempé. A l’inverse des puissants habituels, il interprète ici Jacques un petit truand sans envergure dont la principale préoccupation est d’assurer sa propre sécurité puis de cacher le corps de l’homme qu’il a tué sans le vouloir.

En visionnant le film on regrette qu’Audiard et De Funès n’aient pas plus souvent travaillé ensemble. En effet, les mots du dialoguiste vont de pair avec le jeu et la gestuelle de l’acteur et ce rôle de petit truand lui va étonnement à merveille.  Il faut dire qu’en plus des dialogues de qualité, de Funès est particulièrement aidé par le casting. Rien de moins que Serrault, Biraud, Darc et Blanche pour l’entourer, autant dire la crème de la crème. Un film qui à mes yeux mériterait autant son statut de classique que les « Tontons » mais qui pour une raison que j’ignore n’a pas rencontré le succès. Il en est peut être mieux ainsi tant je pense qu’il aurait bouleversé la future carrière de De Funès.

Louis de Funès : Des pissenlits par la racine (1964)

9. Sur un arbre perché

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Nous sommes en 1971, Louis de Funès est au sommet de sa carrière et enchaine les succès depuis sept ans. Le succès public néanmoins car la critique pour sa part est bien souvent très négative. D’aucun considère l’humour populaire des films de De Funès comme trop facile. Bien qu’il n’en parle jamais en public, cette non-considération de la presse peine l’acteur qui tente le temps de deux films de prendre des risques et de sortir de son créneau habituel. Pour cela il fait appel à Serge Kober qu’il choisit pour deux raisons. La première, c’est qu’il a adoré son film précédent « Un idiot à paris » avec Jean Lefebvre et inspiré du livre de René Fallet. La seconde raison quant à elle, est un plus loufoque. De Funès considère à tort Kober comme un réalisateur de la nouvelle vague et reste convaincu qu’il s’agit d’un atout non négligeable dans l’optique de faire du pied aux critiques. Or, jamais Kober n’a été proche de cette mouvance et il ne s’en est jamais revendiqué. C’est donc sur un quiproquo que débute cette collaboration qui se traduit par un premier film intitulé « L’homme-orchestre » et sorti en 1970. Bien que novateur en de nombreux points, ce long métrage s’inscrit malgré tout dans l’œuvre habituelle de De Funès et ne convainc pas les critiques. Un an plus tard donc ils décident l’un comme l’autre de remettre le couvert et « Sur un arbre perché » voit le jour.

La véritable particularité de ce film tient d’abord dans son intrigue. L’histoire en effet  se déroule en quasi huit clos puisque au bout d’une dizaine de minutes de films, la voiture d’Henri Roubier prometteur autoroutier joué par De Funès se retrouve suite à un accident perché en haut d’un arbre sur le rebord d’une falaise loin de tout regard et de toute civilisation. En plus d’être accidenté, Roubier  devra apprendre à cohabiter puisqu’il est accompagné de deux auto-stoppeurs qui quelques kilomètres avant l’accident se sont infiltrés de force dans le véhicule.  Cantonner Louis De Funes acteur hyperactif s’il en est à quelque mètre carré de terrain de jeu était un pari plus qu’audacieux.  Force est de constater que c’est réussi. L’acteur sait faire preuve de retenue tout en gardant son jeu reconnaissable parmi tant d’autres.  L’autre point fort ce film est l’aspect parfois corrosif qu’il en ressort.  Effectivement on trouve dans cette œuvre une satire assez violente et ce sur de nombreux sujets.  Ce n’est ni la première ni la dernière fois qu’une critique de la société est faite dans un film avec De Funes mais de manière aussi acerbe c’est une première.  La façon dont est traité le personnage du curé lors de la scène du sauvetage en est la plus grande preuve.  D’autres aspects tels que l’industrialisation effrénée du monde et la mise en spectacle du malheur d’autrui sont régulièrement abordés dans sa filmographie mais jamais avec autant de violence.

Deux bémols néanmoins viennent entacher ce film. D’une part l’interprétation à moitié réussi des deux acteurs qui accompagnent De Funès dans la voiture. Certes le jeu d’Olivier de Funès  n’a jamais été extraordinaire mais le ton semi-dramatique de l’œuvre rend cela encore plus évident.  Quant à Géraldine Chaplin son jeu est de meilleure qualité mais semble parfois hors propos surement à cause de la barrière de la langue, celle-ci étant britannique et ayant joué en Français. L’autre point faible concerne la fin du film particulièrement bâclé et sans intérêt.

Même s’il a fait un score plus qu’honorable et dont nombre de réalisateurs aimeraient se vanter « Sur un arbre perché » apparait comme un échec commercial aux yeux des chiffres d’entrées que comptabilisaient les films de De Funès à l’époque. Dommage car même s’il est loin d’être parfait, ce film a le mérite d’avoir emmené De Funès hors des sentiers battus.

A voir la bande annonce pour le coup particulièrement perché 

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8. La traversée de Paris

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J’entends déjà d’ici celles et ceux qui s’étonneront de la huitième place tenu par ce chef d’œuvre du cinéma français. Certes « La traversée de Paris » est un film magnifique particulièrement bien écrit et bien filmé qui traverse les âges et dont le talent des acteurs frôle le génie.  Seulement voilà, si la prestation de Louis de Funès est extraordinaire dans ce film elle se limite à celle d’un second rôle. Un second rôle de grande qualité certes mais quand même.

L’acteur en effet n’apparait qu’une quinzaine de minutes dont dix durant la fameuse scène de la cave. Scène grâce à laquelle on peut découvrir toute l’ampleur de son talent, notamment  sa capacité à exprimer des sentiments lorsqu’il n’a pas de texte à dire.  Les mimiques et les grimaces qu’ils  lâchent pendant que Gabin l’agresse verbalement en disent plus long qu’un discours aussi bien torché soit-il. Cet échange ne dure pas plus d’une minute mais on lit clairement la peur et l’angoisse sur le visage de l’acteur.

On peut voir dans le personnage de Jambier, un panel de ce que Louis De Funès jouera par la suite. Un petit notable (chef, patron, homme d’affaires etc.) au sale caractère profitant de la situation ambiante mais baissant la tête à la moindre mésaventure. En somme un portrait type et un brin caricatural du français moyen.

Même si la prestation remarquable de Louis De Funès est de courte durée je vous conseille tout de même de regarder ce film tant il est l’exemple parfait du cinéma de qualité qu’on pouvait faire en France à l’époque. 

En cadeau, la scène mémorable avec De Funes

La traversée de Paris Chez Janbier

 

7. Ni vu.. ni connu...

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« Ni vu ni connu » est l’un des premiers films où Louis De Funes tient le 1er rôle. Il y joue le personnage de Blaireau, braconnier récidiviste et ennemi de l’ordre public dans le petit village de Montpillard.

Véritable carte postale d’une France d’antan, « Ni vu, ni connu » se caractérise par des personnages haut en couleur et par des scènes comiques désopilantes.  Le film laissant une grande place aux gags visuels, Louis de Funes il y est particulièrement à son aise. Les confrontations successives entre Blaireau et le garde champêtre Parju sont par exemple particulièrement réussies. Plus tard lors d’une discussion au bar, il réussit à attirer l’attention sur lui alors qu’il est  seul en arrière-plan. Comme souvent , seules quelque grimaces lui suffisent pour se faire remarquer. 

Pour autant la scène qui marque le plus notre mémoire est bien évidemment la séquence du concours de pêche.  Armé d’une simple branche, Blaireau réussit l’exploit de gagner le concours grâce à un subterfuge que je vous laisse découvrir.  Une autre scène qui a marqué mon attention c’est celle de l’arrestation de Blaireau où les gendarmes planqués chez le braconnier apparaissent et disparaissent tour à tour dans une mécanique proche du cartoon.

Tout le long du film De Funes développe son personnage de petit brigand pas foncièrement méchant et auprès duquel,  le temps faisant, on s’attache. Certes les ficelles sont parfois un peu grosses mais le rythme du film et l’humanité dégagé par les personnages font globalement passer la pilule.  

6. L'aile ou la cuisse

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Changement d’époque.  Dix-huit ans séparent « Ni Vu, Ni connu » de « L’aile ou la cuisse » et tout ou presque a changé.  A commencer par la carrière de Louis de Funes.  En moins de 20 ans, il est devenu l’acteur le plus populaire de France et ses films (3 ou 4 par an) sont tous d’immense succès. Même ses récents problèmes de santés ne l’empêchent pas de jouer. La société a elle aussi  beaucoup changé. La preuve en est avec ce film. D’une part avec la présence de Coluche humoriste de talent qu’on ne présente plus et dont le registre apparait comme beaucoup plus osé et politique que celui de De Funes.

D’autre part car le sujet abordé dans ce film est  assez symptomatique de l’époque.  En effet,  « L’aile ou la cuisse » n’est ni plus ni moins qu’une attaque déguisée contre la malbouffe et l’industrialisation de l’alimentation et plus précisément contre Jacques Borel roi de la nourriture bon marché ici caricaturé par le personnage de Tricatel. On notera que sur la fin de sa carrière le thème de la nature et des plaisirs simples sera de plus en plus récurrent chez De Funes. Car s’il écrivait que très rarement il est connu de tous que Louis de Funes au sommet de sa notoriété avait une influence folle sur le choix des thèmes abordés, l’écriture des scénarios voir le choix des acteurs.

A ce sujet et contrairement à ce qu’on pourrait craindre le duo Coluche/De Funes est très efficace. La différence de style et de génération se fait à peine sentir et le plaisir que prennent les deux acteurs à jouer ensemble est  plus que palpable. Je dirais même que cette collaboration permet d’aborder avec humour et intelligence un thème qui aurait pu être difficile à traiter dans un film plus « classique » de Louis de Funes.

Dans ce film, Louis de Funes se fait particulièrement plaisir en enchaînant grimaces, mimiques et séances costumées des plus réussis qui soient.  Son jeu tout en exubérance est assagi par la prestation tout en mesure de Coluche. D’ailleurs il est intéressant de remarquer que s’il s’agit du premier film à succès de Coluche il s’agit également de l’un des meilleurs dans lequel il ait joué.

Parmi les scènes les plus réussies, on note celle où Louis De Funes découvre que son fils fait le clown en cachette. Le dialogue qui suit cette découverte alterne avec prouesse entre rire et tendresse. Difficile en effet de ne pas y voir une mise en abyme du métier que De Funes comme Coluche pratique. Celui de faire rire.

L’idée de fin quant à elle relève du génie. Faire perdre la sensation à un homme dont le métier est de juger la gastronomie relance particulièrement le film. S’ensuit un final particulièrement réussi d’abord dans l’usine de Tricatel puis sur le plateau télé.

En conclusion je dirais qu’avec  ce film De Funes, Coluche et Zidi le réalisateur réussissent à réaliser une œuvre à la fois moderne pour son époque mais en même critique avec les dérives de celles-ci.

L'aile ou la cuisse (Bande annonce)

La suite, bientôt!

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13 avril 2014

Chroniques de Darry #2 Moïse The Dude Chronique de son EP Volume 2 + Interview

The Dude Volume 2 par Moïse the Dude

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Etant donné que j'avais adoré The Dude Volume 1 et Raging Bull titre inédit laché entre les deux eps, j'attendais beaucoup de ce Volume 2. Autant vous le dire de suite, je n'ai pas été déçu. Moïse the Dude confirme tout son talent en 7 titres à l'univers bien identifiable et dans lequel il arrive à nous faire plonger malgré le fait qu'il soit ancré dans un délire bien personel. Comme dans le premier volume, Moïse rappe tout en nonchalance sans pour autant perdre en efficacité. Ce faux manque d'énergie est compensé par des intrus à l'ambiance "sudiste" particulièrement efficaces et composées par 4 producteurs talentueux ( Monkey Green, The Grissom, Pernini 9000 et Joachim de Lux ) qui alternent entre mélodies planantes (l'excellent Porno psy chic cloturant l'ep) et intrusmentaux un chouia plus violentes. Parmi ces dernières, on compte Germinal où Renaud (en mode Lantier) s'invite en intro et où Moîse lache le seul titre un temps soit peu "engagé" du disque. Pour autant, il évite les clichés du genre et réussit à rentrer dans le lard du système sans pour autant virer démago/donneur de leçon. En terme de duo, l'ep n'en comporte qu'un mais il est de qualité. Seno en effet lache un couplet particulièrement lourd sur Sonatine qui est d'ailleurs un des meilleurs titres de ce volume deux. Plus globalement, il faut noter la qualité des textes et la profusion des références lachées ici ou là par Moïse et reconnaître qu'en plus d'être toujours bien placées, elles sont pour le moins inhabituelles pour un rap français à la (sous)-culture souvent limitée. D'ailleurs prendre le rap game à contre pieds semble être un plaisir pour Moïse comme sur Qui est Thug ? où le rappeur ridiculise la soit disante street crédibilité de certains, le tout avec un tas de formules bien senties. Parmi les 7 titres outre Porno psy-chic, Sonatine et Germinal déjà cités auparavant, Muscler mon jeu et L'homme à la tête de screw sont les titres les plus réussis. En fait seul, Chat du Cheschire est légèrement en dessous du lot.

The Dude Volume 2 est donc un E.P. de qualité où Moïse The Dude réussit l'exploit d'être moderne voir en avance sur certains tout en distillant ici ou là des références certes datées mais qui prouve une certaine culture chez le rappeur. D'où cette conclusion déjà exprimé auparavant, Moïse The Dude est dans le turfu certes mais un turfu alternatif. 

A écouter et à télécharger (prix libre/gratuit) ici :

https://moisethedude.bandcamp.com/

MUSCLER MON JEU - MoïseTheDude

Et comme j'ai vraiment kiffé le personnage et son EP, j'ai même fait une interview du monsieur.

Interview de Moïse The Dude

Ton second EP intitulé sobrement The Dude Volume 2 sort lundi 14 avril Peux-tu avant toute chose me résumer ton parcours ?

J’ai commencé à rapper vraiment il y a 14/15 ans on va dire. Avant je grattais des bouts de textes sans trop savoir quoi en faire. J’ai co-fondé le Bhale Bacce Crew avec LO, son frère Selecta Mercy, et quelques autres, qui au fil du temps est devenu un sound system d’une grosse 10aine de personnes avec des vibes majoritairement reggae, j’apportais le côté rap. Ensuite j’ai voulu sortir des projets plus persos, je me suis donc échappé du collectif avec un autre membre, Cosmar, on a sorti deux projets produits par Monkey Green, un ami beatmaker. Et puis comme un aboutissement logique, je me suis lancé en solo. Je me sentais prêt pour ça, après tout ce temps. 

Pourquoi ce nom de Moïse the Dude ?

Quand j'ai commencé c'était Moïse tout court. C'est mon troisième prénom en vrai. Je trouvais ça...original et ça pose une ambiance : Moïse, bim. Plus besoin de faire d'egotrip avec un blaze pareil eheh. Je peux ouvrir la mer (ou vos mères) en deux. 

Plus tard j'ai rajouté The Dude, en hommage à Devin The Dude, rappeur de Houston. Et j'aime bien la sonorité "Dioude", «Doude », on ne sait pas trop comment ça se prononce, mais c'est un son cool. Pour faire carrière aux US c'est utile aussi. 

Quels sont les rappeurs français et américains qui t'ont influencé ?

En français, en vrac, je suis obligé d'en oublier sinon ça va faire long : 

je dirais Oxmo, Booba, Gynéco, Sako, Fuzati, Cuizinier, Ekoué, Akhenaton, NTM, X-Men, Rocé, Solaar, Dabaaz, Frer200, Seno. Et je tiens à en placer une pour LO du Bhale Bacce Crew, j’ai commencé avec lui, il y avait une grosse émulation et je considère que c'est un des meilleurs lyricistes de France même s'il est dans une vibe ragga, je garde une profonde admiration pour ce qu'il fait. Flow de ouf, lyrics affutés.

 En Cainri, toujours en vrac et je vais en oublier aussi : 

Devin The Dude, Scarface, SlimThug, Paul Wall, Trae, Z-Ro, Yelawolf, MF Doom, Method Man, Fifty, Dom Kennedy, Snoop, Too Short, Rick Ross, Jim Jones…plein de gens toutes périodes et toutes régions confondues. Là encore, on dit influences mais ça ne se ressent pas forcément dans ce que je fais moi. Disons que ce sont des gens que j’écoute beaucoup et qui me donnent envie de faire du son. 

Ton son plutôt lent, aérien et ton flow nonchalant sonne comme le son du sud des Etats Unis. Pour toi c'est une chapelle ou tu comptes explorer d'autres ambiance ?

C’est un style dans lequel je me sens à l’aise. Quand j’essaye parfois de rapper plus vite, genre sur du 90bpm, je m’en sors parce que j’ai commencé comme ça et que je maîtrise les techniques de base mais le résultat me déçoit toujours et je ne garde rien. Parce qu’aussi important que le flow et le texte il y a l’attitudeQuand je pose un texte je cherche à créer un tout et trouver un ton. C’est quelque chose que je développe mieux sur des prods lentes, question d’espace. Il y a un vrai plaisir à peser les mots, à les laisser respirer et résonner sur le temps. Et je me suis rendu compte qu’écouter les rappeurs du sud m’a vachement plus fait progresser dans mon rap que les mecs de la côte Est par exemple. C’est comme ça, c’est une question, d’oreille, de sensibilité. Je me souviens d’ailleurs d’une vieille itw de Birdman de Cash Money qui n’est pas un grand rappeur et qui le sait et qui parlait justement d’attitude au micro. Il disait qu’il compensait avec ça. J’aime cette approche. 

Qui sont les beatmakers avec qui tu travailles et comment choisis tu tes prods ?

Je choisis mes prods au coup de coeur mais avec une idée de la couleur que je cherche. Pour le VOL2 je voulais des prods majoritairement plus musclées et dark que sur le VOL1 par exemple. Il faut aussi que la prod, dans le meilleur des cas me "guide", que quand je commence à écrire dessus certains placements et une partie de cette fameuse attitude me soient obligatoirement dictés par la prod elle-même. Là je sais que c'est une prod que je dois garder. 

Sur le VOL2, j'ai bossé avec Monkey Green, Pernini9000 (anciennement Split Magnetic) et Joachim De Lux qui avaient déjà bossé sur le VOL1. Et un nouveau venu : The Grissom, que j'ai rencontré récemment. J'aime l'idée de travailler plusieurs fois avec les mêmes personnes, surtout quand les échanges sont naturels et positifs. Ce sont des personnes que j'ai rencontrées, physiquement je veux dire, même rapidement, c'est important aussi, ça rend la collaboration plus vraie, plus humaine. 

Quand je fais appel à un beatmaker c'est aussi pour avoir sa touche et m'y adapter. Par exemple avec Joachim sur le VOL1, je lui ai donné plein d'exemples de prods mais sur le VOL2 je l'ai moins guidé parce que je voulais qu'il reste proche de ce qu'il fait sur ses EP instrumentaux. Je savais que cette couleur électro-pop assez douce allait m'emmener vers des horizons différents et me donnerait l'écrin idéal pour un morceau plus scénarisé, plus "chanson française". Et ça n'a pas loupé, le morceau est devenu une sorte d'évidence en même temps qu'un ovni. 

As tu des connections avec le reste du rap Français ? des featurings de prévu ?

J'ai peu de connexions dans le rap fçais parce que j'ai passé 10 ans dans un collectif qui était plus porté sur le reggae, du coup j'ai loupé le coche de ce point de vue là et je suis passé à côté des radars du game ahahah. C’est comme ça, la période avec le collectif a été très riche donc je n’ai pas de regret au contraire. Les connexions rap se sont faites récemment, avec des mecs comme Fibo de Frer200 (et ses deux comparses) qui réalise certains de mes clips, comme Seno qui est en feat. sur le nouvel EP. Je suis un mec à l'ancienne, j'ai du mal à réseauter pour le principe, je vais vers les gens qui m'intéressent et j'aime développer des liens privilégiés, qu'il y ait un vrai contact même si c'est basé sur la musique. Je n’aime pas aller en soirée pour serrer des paluches, au bout d’une heure ça me gave, je suis un ours, je préfère rester chez moi. Résultat je suis un peu isolé dans ce game, mais c’est ma nature.  Et puis j'ai compris que ça ne sert à rien de faire écouter tes sons à ton rappeur préféré, le mec n’est pas là pour te filer un coup de main, lui-même doit batailler pour s’en sortir. 

Concernant les feat, j’ai donc eu Seno, belle rencontre et morceau lourd ! Pas d’autres featuring prévu, pour feater avec un mec faut d’abord qu’on échange, qu’on rigole un peu, qu’on se mette à l’aise. Faut que ce soit un moment de plaisir. 

Dans tes textes tu as des références qui détonnent par rapport à ce que le rap français nous livre habituellement. Dans Ragin Bull par exemple tu cites Raymond Devos. Quels sont les artistes hors rap qui t'ont influencé ?

Gainsbourg (je dois être son meilleur attaché de presse posthume, je le cite tout le temps..). Après il y a des artistes et des oeuvres qui ne m'influencent pas vraiment mais qui me nourrissent. Damon Albarn par exemple, que ce soit avec Blur, Gorillaz, ou seul. EELS également que j'écoute depuis le début et pour lequel je garde une oreille attentive et curieuse. Sinon la littérature, m'inspire, le cinéma m'inspire. Les atmosphères, les personnages, ça me donne des mots. 

Tu parles de Devos, en fait c’est le genre de références avec lesquelles j’ai grandit. J’étais entouré d’adultes pour qui la peinture, la littérature et la langue française sont des choses importantes voire sacrées. Mon grand-père qui peignait, passait aussi son temps à faire des calembours, des traits d'esprit. C'était un punchlineur en fait ! C'est aussi ça mon background culturel hors rap. Le bon mot et l'art au sens classique, des trucs à l'ancienne, des incontournables, dans tous les domaines. C'est ce qui a forgé ma sensibilité. Du coup je sors des références qui ne sont pas habituelles, je ne m'en rends pas toujours compte d'ailleurs, c'est naturel. 

Si tu pouvais faire un titre avec un artiste hors rap qui choisirais tu ?

Philippe Lavil pour un remix de "Elle préfère l'amour en mer". Sinon Katerine. Son dernier album est terrible. 

As tu prévu de défendre ses morceaux sur scène ?

J'aimerai bien. Etant donné que je gère tout moi-même, trouver des dates est une partie du taf sur laquelle je ne suis pas (encore) au taquet mais bon, avec les deux EP sortis j'ai quelque chose de solide à proposer, ça aide. J'aimerai bien faire des concerts qui soient un peu mis en scène avec un travail sur le décor et la lumière. Que les gens qui rentrent dans la salle rentrent quelque part, pas juste dans une salle de concert. Idéalement hein...

Niveau promo tu te démerdes comment ? Tu fais qu'avec le net ou t'as d'autre moyens ? T'as envoyé ton skeud à skyrock ?

Le net oui. Je sais que traditionnellement il faut envoyer des maquettes à tous les DA de France, mais bon…Le net c'est l'avenir. Et Skyrock bah...normalement y a Fred qui doit m'appeler là. Je sais pas ce qu'il fout. Il est peut-être entrain d'astiquer Maître Gims, va savoir. 

Je te laisse conclure avec la citation de ton choix

"Pluie en Novembre, Noël en Décembre", dicton. 

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05 avril 2014

Chroniques de Darry #1 Black M - Grödash - Mac Tyer - Barabara

Les yeux plus gros que le monde par Black M - C'est de la merde mais ton petit frère va adorer.

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Cet album est l’exemple parfait de ce que j’appelle «la mise à norme Skyrock ». Le travail est professionnel,  la communication parfaite, le public intelligemment ciblé mais c’est musicalement parlant extrêmement fade. Les instrumentaux par exemple flirtent avec le dancefloor FM et sont dignes de n’importe quel tube de Keen’ v. Les paroles quant à elles, sont peuplées de redites et débordantes de démagogie. Le flow bien qu’assez technique est le même du début jusqu’à la fin. Rajoutez à cela des refrains mi- chantés mi- rappés ainsi que des vocodeurs plus qu’inutiles et vous comprendrez pourquoi le 1er album solo de Black M, membre de la sexion d’assaut, m’a laissé particulièrement froid.  Ne comptez pas trop sur les featurings pour relever le niveau étant donné qu’ils sont pour la plupart issu de la wati b et qu’on peut aisément leur faire le même reproche qu’à Black M. L’exemple le plus frappant en la matière demeure « A la vôtre ». D’une part parce que ce titre nous impose la présence de Big Ali. Pour ceux qui l’ignorent encore Big Ali est un rappeur américain et obèse dont la carrière se résume à des featurings plus ridicules les uns que les autres.

Un premier exemple ici pour confirmer mon propos.

Ce matin va etre une pure soirée - Fatal Bazooka, ft.big ali, ft.pzk ( parodie by nouh )

 et un second encore plus déroutant

BIG ALI - Des larmes de sang Feat Florent Pagny

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D’autre part parce qu’il nous montre à nouveau la déchéance dans laquelle Dry (ex-membre du génialissime Intouchable) tombe depuis quelque années. J’ai  toujours du mal à comprendre comment un type capable de poser là-dessus  puisse aujourd’hui jouer des coudes avec les membres du wati B.

2000 « JE NE DORS PLUS » INTOUCHABLE

 

Pour en revenir à l’album, il me serait difficile de critiquer le disque titre par titre tant l’ensemble manque cruellement de fond et tant les morceaux se ressemblent tous les uns aux autres. Thèmes redondants et structure quasi-identiques de piste en piste enfonce le clou. Le pire est selon moi atteint avec « Madame Pavoshko », où Black M enchaine les clichés et les références pré-pubères dans le but d’atteindre le cœur du public Skyrock, c’est-à-dire les collégiens. Le pire est là mais le pire du pire suit de très prés. En effet, le label a eu la bonne idée de sortir ce titre en single et de le mettre en image. Le clip se déroule dans un collège et comptent parmi les intervenants l’insupportable  Kev’ Adams et le mec issu de la série télé «Mes Chers Voisins» dont je ne connais bien évidemment pas le nom. Je vous laisse d’ailleurs la vidéo ci-dessous comme ultime argument. Bon courage.

Black M - Mme Pavoshko - HD !

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Bandana et Purple Haze par Grödash - L'album qui devrait tourner en boucle sur Skyrock si c'était vraiment une radio rap

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Egotrips, punchlines salaces et partouzes rapologiques sont au menu de Bandana et Purple Haze, le tout concocté par un Grödash en grande forme.  Sa voix rauque à souhait se marie à merveille avec les instrus variées et efficaces offrant un ensemble de qualité aux auditeurs. La multiplicité des producteurs (quasiment un par morceau) n’empêche en rien la cohérence de l’ensemble.  Seuls « Purple Haze » et « objectif palper » sont en dessous du reste, la faute selon moi à l’utilisation ratée du vocodeur.  D’autres titres par contre sonnent  comme des hits potentiels, « je tire », « Gordon Ramsay » ou bien encore l’excellent « JFK » qui pour moi est le morceau le plus réussi de l’album.

Mais là où Grödash excelle le plus c’est quand il est bien entouré et il faut reconnaître que les invités de ce disque sont tous de haute voltige et qu’ils offrent chacun dans leur style des prestations de malade.  A commencer par Oxmo Puccino qui sur « Personne » offre une performance digne de lui et qui ferait presque oublier ses délires poético-variéto-rapologique de ces dernières années !  Sur « Jungle fever » c’est Sir Samuel qui apporte sa touche chant/ragga dans un morceau où les deux identités vocales pourtant très éloignés se marient allégrement. Le summum en termes de collaboration est atteint avec le remix de « Yeah Moggo » ou pas moins de douze rappeurs viennent  poser leur seize en compagnie de Grodäsh durant plus 7 minutes.  « Roses et Chrysanthèmes » est lui aussi très réussi même s’il pèche un peu par son refrain chanté un chouia trop mièvre.

Un album de qualité donc qui a la mérite d’être moderne sans pour autant sonner comme une pâle copie de la mode du moment. Grodäsh a su ne pas confondre spontanéité et facilité. Ce qui est triste c’est  qu’en écoutant ce genre d’album on se rend compte que ce ne sont pas les bons rappeurs qui sont mis en avant dans ce pays. 

GRÖDASH - JFK [CLIP OFFICIEL] #BPH #FMV

 

Banger 2 par Mac Tyer - Vieille gloire sur le retour.

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S’il est une discipline où tu peux être hors-jeu du jour au lendemain c’est bel et bien le rap. Si vous en doutez l’écoute du dernier album en date de Mac Tyer devrait vous en convaincre. L’artiste tente  tout le long du disque de suivre la marche mais la tentative échoue quasiment à chaque coup. On effleure même la caricature à quelques reprises. On sent bien que la moitié de feu tandem a beaucoup écouté de rap français ces derniers mois et qu’il a tout donné pour reprendre le Game en marche. Seulement voilà peu ou prou de touche personnelle là-dedans ce qui rend Banger 2 rapidement ennuyeux.  Surtout que la rage qu’il met dans ses textes et dans son flow semble du coup particulièrement feinte.  Les productions dans l’ensemble sont plutôt réussies mais donnent une impression de déjà entendu. Niveau flow, l’ombre de Kaaris plane comme sur « Hommes d’affaires » ou « JNCQC ». Textuellement, le niveau est correct sans pour autant être extraordinaire, c’est bien écrit mais aucune phrase, aucune punchline ne reste en tête. A l’inverse certains morceaux se limitent à une ou deux gimmick et un refrain balancé en boucle. C’est le cas pour « Pour une histoire de ticket » et dans une moindre mesure pour « Dans mon lit ». « Mandela » quant à lui déborde de démagogie, de pleunicheries et de prétention mal placé (« j’ai combattu comme nelson mandela.. ). Seuls « Tu casses, tu payes » et « Tu sais qui je suis » sortent en temps soit peu du lot malgré des productions qui sentent le réchauffé. Coté featuring seul celui de Rim K sur « Toujours Tarco » vaut le coup d’être signalé. Sur E = mc2 Seth Gueko lâche un couplet de qualité mais la performance complétement daté de Rockin’ Squat gâche le titre.  Un morceau à l'image du disque, poussif,qui peine à trouver sa place et qui sonne comme un copié collé de tout ce qui fait en rap français depuis six mois.

Il était une fois le barbouze par BARABARA - Joie, amour et petite fleurs.

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C’est dans une ambiance particulièrement glauque que BARABARA narre son combat contre lui-même. Le flow est simple mais efficace même s’il frôle le parler par moment. Les textes quant à eux sont sombres et complexes mais d’une qualité d’écriture indéniable. On a parfois du mal à suivre et quelque passages peuvent paraitre brouillons mais Barabara réussit l’exploit de nous faire entrer dans son univers pourtant bien personnel. Quelque petits défauts surgissent ici ou là mais quand on sait que le bonhomme a tout fait tout seul de A à Z, on passe allégrement outre. Un 1er disque à découvrir donc.

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24 mars 2014

Mon top 10 rap français 2013

Histoire d'inaugurer comme il se doit ce blog musique-ciné-séries-un peu de tout j'ai décidé de vous offrir mon top 10 des disques de rap français sortis en 2013. Y a des gens connus, d'autre moins. Ya du mainstream, du alternatif, du hardcore. Des albums et des E.P. Dans tous les cas y a que du bon vu que c'est bibi qu'a fait la sélection.

The Dude volume 1 par Moïse the Dude

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Ancien membre de Bhale Bacce Crew et de Moïse&Cosmar, Moïse The Dude débarque en solo avec un e.p. 7 titres durant lequel il fait l’éloge de l’égocentrisme, de la nonchalance et du nihilisme le plus complet qui soit.  Produit par une palette de Beatmakers divers et variés, l’ensemble reste pour autant cohérent notamment grâce à cette ambiance décontracté à mort et grâce à l’univers si particulier dans lequel le rappeur réussit à nous faire entrer.  Flow ralenti au maximum, références cinématographiques, rien-à-foutisme élevé au rang de l’art sont les composantes de la formule délivré par Moïse sur cet E.P. Deux titres sortent du lot, « Faire l’amour à ce jeu » et « Russe blanc », ce dernier étant particulièrement mis en valeur par son clip. Loin de l’imagerie gangster chers à certains et encore plus du moule démagogue/donneur de leçon, l’ensemble apparait comme un projet à l’identité bien marqué et se situe en dehors des sentiers battus du rap français. En conclusion je dirais que le seul défaut de cet opus reste sa durée.  Un ou deux morceaux de plus et par la même occasion un élargissement des thèmes n’aurait pas été de trop. La bonne nouvelle, c’est qu’un volume deux est en préparation et que l’inédit « Raging Bull » sorti entre temps annonce du lourd pour vos oreilles.

En écoute et en téléchargement ici : http://moisethedude.bandcamp.com/album/the-dude-vol-1

RUSSE BLANC - Moïse The Dude

 

 

Supernova par Nakk Mendosa

 

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A force d’employer le terme punchline à tort et à travers, on a fini par totalement en dénaturer le sens. Pourtant, s’il y a un mec en France qui excelle dans ce domaine, c’est bel et bien Nakk  Mendosa.  Sauf que chez lui la formule n’est jamais forcée, elle coule de source et qui plus est, elle appuie un propos.  Nakk réussit là où tant de mcs se vautrent, en livrant un disque de rap adulte sans pour autant virer dans la démagogie et le moralisme ambiant. En plus d’apporter des textes de qualité, Nakk sait se diversifier et prendre des libertés dans un rap game pourtant formaté. La preuve en est apporté par les deux premiers titres de l’opus où le rappeur livre des égotrips sans refrain sur des instrus certes simples mais qui vont de pair avec les textes toute en humilité du rappeur. Nakk apparait encore plus en forme quand il est accompagné, c’est le cas sur deux morceaux produit par l’excellent Sonar, tout d’abord « De temps en temps » où il partage le mic avec Ladéa et S pri noir deux artistes qui d’ordinaire me laissent froid et qui là offrent deux belle prestations surtout la rappeuse qui livre un de ses meilleurs couplets. S’en suit quelque pistes plus loin, « Dans la zone » où cette fois ci il partage l’affiche avec un Grodash particulièrement en forme.  Leurs deux styles pourtant bien différent se complètent avec un naturel bien étonnant.  L’autre force de Nakk, c’est d’être à l’aise sur tous les sujets, égotrips, vie dans la cité, amour et de se démarquer de tous les clichés. Le principal défaut de cet opus, ce sont les légères fautes de goûts en terme de prods qui ressortent ici ou là, notamment ces chœurs féminins qui font office de refrain sur certains titres. Malgré cela, le disque est de qualité et nous fait encore plus regretter que Nakk ne soit pas plus connu du grand public.

Nakk Mendosa - Mendosalve (Prod. Zekwe Ramos) / Clip Officiel 2013

Le cul entre deux 16 par Pand’or

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Deuxième E.P. de la rappeuse,  Le Cul entre deux 16, confirme tout le bien que je pense de Pand’or et de son talent. Découverte via rap contenders puis enchainant les appariations, la jeune femme fait petit à petit sa place dans un rap game particulièrement macho où les rares interventions  féminines révèlent bien plus souvent du sketch que de l’interprétation artistique. Composé de 9 titres, cet opus oscille entre égotrips, coups de colères et états d’âme, le tout posé sur des prods de Flev dont l’univers musical se marie à merveille à l’univers textuel de la demoiselle.  Sombre, épuré dans la forme mais complexe dans le fond.  La combinaison entre les deux artistes parait donc évidente et j’espère vraiment qu’ils retravailleront ensemble à l’avenir tant l’alchimie prend et rend l’écoute de ce disque plus qu’agréable. Techniquement, Pand’or rappe à l’ancienne, c’est un fait indéniable qu’elle-même reconnait puisqu’elle s’auto-appelle « la moyenâgeuse ». Cet aspect un peu daté de son interprétation pourra en arrêter plus d’un mais c’est sincèrement un des rares défauts de cet opus. La grande qualité des textes  ainsi que la rage et la sincérité flagrante de son rap prennent facilement le dessus et font de cet E.P. une réussite artistique indéniable.  Trois titres sortent du lot, « L’impasse », « La misanthrope » où l’artiste sample la voix de Bacri en intro et « Chaos et Agonie » où Pand’or alterne entre deux flows bien distincts mais tous les deux très efficaces.  Preuve que si la rappeuse faisait quelque efforts techniques, elle gagnerait deux ou trois échelons supplémentaires. 

En écoute :  http://cameliapandor.bandcamp.com/

PAND'OR - L'IMPASSE (Prod by Flev / Directed by Liltone Morris)

Boules à facettes par Phases Cachées.

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Deux mcs, un chanteur ragga. La formule n’est pas nouvelle certes (Sniper ? vous avez dit Sniper ?) sauf que là le groupe apporte une énergie plutôt rare sur la scène rap française. D’une parce que les 3 identités vocales du groupe sont complémentaires et que le chanteur ragga n’est pas cantonner à chanter les refrains comme c’est malheureusement souvent le cas dans ce genre de formation. De deux, parce que qu’il se dégage de cet album une énergie indéniable qui donne particulièrement envie de retrouver le groupe sur scène.

 Un esprit somme toute assez old school même si Phases Cachés est plutôt composé de jeunots, sur d’eux et dont le son est taillé pour la scène.  Leur jeune âge est d’ailleurs traité avec humour dans le titre « J’étais pas là » où ils racontent chacun leur tour le temps béni d’un rap français… qu’ils n’ont pas connu. L’humour est d’ailleurs ultra-présent tout le long du disque. Ne cherchez pas donc pas dans cet album, des morceaux à thèmes ou un quelque conque engagement, la seule mission du groupe c’est de kicker et de faire bouger les têtes sans pour autant d’ailleurs dénigrer la qualité des textes. Seul  le titre « Panique sur la ville » sort un temps soit peu de ce registre et ce n’est franchement pas la plus grande réussite de l’album. En dehors de cet léger incident de parcours, l’opus se compose de titres aux prods à l’énergie indéniables sur lesquels les 3 interprètes  y déposent des textes pleins d’humours et de références culturelles sans jamais pour autant tomber dans la facilité ou dans la blague potache. Rajoutez à cela, des flow techniques à souhait et une alchimie palpable entre les trois protagonistes et vous obtiendrez un des albums les plus intéressants et les plus funky de l’année 2013.

En écoute ici http://www.deezer.com/album/6412338

Phases Cachées - 4 Consonnes, 2 Voyelles

Gunz n’ rocé par Rocé

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J’ai découvert cet album par l’intermédiaire de sa première piste « en apnée ». Et pour être franc cet extrait ne m’avait pas emballé. Il avait faire craindre en moi en retour en arrière de Rocé. En effet, production à l’ancienne et basique, texte de qualité mais sans âme, refrain plus que réchauffé, ce titre donnait l’impression que Rocé avait envie de surfer sur la vague « back to the nineties » lancé par 1995 and co et ça c’était tout sauf une bonne nouvelle. Fort heureusement, « la vitesse m’empêche d’avancer » me fit de suite changer d’avis. Un sample et une boucle de malade, un thème propre à Rocé, un texte de qualité, une critique acerbe du système et le tour est joué. Ce qui suit est du même acabit, textes complexes mais superbement écrits, instrus lourdes et travaillés, seul le flow monotone de Rocé en arrêtera beaucoup. Malgré tout, le disque s’écoute agréablement et en une traite même si plusieurs écoutes sont parfois nécessaires pour appréhender toute la portée des textes.  Seul le titre « assis sur une pierre » reste en dessous du reste. Parmi les pépites, on retiendra « Mon rap ne tient qu’à un fil » rempli de punchlines hors normes et « actuel » en duo avec le trop rare JP Manova dont j’attends impatiemment le premier album solo. A noter que ce disque se clôt sur « Magic » titre hommage à DJ Medhi en featuring avec  Manu Key.

En écoute ici : http://www.deezer.com/album/6367239

Rocé - Assis Sur La Lune - Extrait de Gunz n'Rocé

Studio Liqueur par A2H et Aelpécha

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Aelpécha est un des mecs les plus prolifiques et talentueux que connaisse ce game et le fait qu’il soit si peu connu du grand public est une vraie injustice. Surtout que le boug, en plus d’être d’un rappeur de qualité et d’avoir su popularisé le son west coast en France, a un talent de producteur hors norme. Cet album en duo avec A2H est une pierre de plus à son édifice personnel  et un chef d’œuvre supplémentaire au catalogue du rap hexagonal. Les deux rappeurs étaient faits pour travailler ensemble et la complicité qui existe entre les deux se ressent tout le long de ses 13 titres.  Ambiance feutré et son g funk mis à goût du jour sont les principales caractéristiques de cet opus où les titres s’enchainent particulièrement bien. Certes les thèmes abordés sont parfois un peu redondants mais l’écriture est de qualité et permets d’oublier certaines redites. Les rares parties chantées sont réussis et apporte une douceur supplémentaire à cet opus idéal à écouter pour se mettre dans l’ambiance avant un rendez- vous galant. Les morceaux recevant des invités sont la plupart du temps les plus réussis, je pense notamment à « Allume la lumière » avec Taipan, à « ça n’a pas d’importance » avec Testos mais surtout à « mec de base » en duo avec Driver qui comme souvent excelle.  L’album se conclut par un morceau multi invités dénommé « Zig Zag »  sorte de cerise sur le gâteau.

http://www.deezer.com/album/6564427

Aelpéacha & A2H - Présent (Clip Officiel)

Arts Martiens par IAM

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IAM, 25 ans de carrière ou presque, 6 albums (7 avec concept) du très lourd (97 % de l’école du micro d’argent), des vieilleries qui tiennent le coup (Attentat 2, j’aurais pu croire, le mia..), d’autres qui n’ont pas supporté la violence du temps (97 % du premier album), le départ de Freeman, un album « saison 5 » particulièrement mauvais et une image de darons moralisateurs qui font d’eux un groupe de vieux. Voilà pour le résumé et le contexte.  Autant vous dire que pour ce nouvel album rien n’était joué d’avance. Surtout que les quelque extraits lâchés sur le net avant la sortie du disque ne mettait pas plus en joie que ça. Alors évidemment quand j’ai écouté Arts Martiens en entier, j’ai été agréablement surpris. Par la production déjà. Le retour aux fondamentaux se fait sentir et l’envie de retrouver le son « école du micro d’argent » parait évidente sans pour autant sombrer dans le copier-coller. Techniquement, Shurik’n et Akhenaton rappent à l’ancienne mais leurs flows n’apparaissent pas daté pour autant et sont même nettement moins poussif que sur « saison 5 » pour la simple et bonne raison que les instrus sur lesquels ils posent leur va nettement mieux que celles du précédent album. Et quitte à paraître méchant Freeman ne me manque pas, ni pas sa plume (bien en dessous de celles de ses ex-collègues) ni par son flow poussif à souhait sur Saison 5. Coté texte,  on notera une recrudescence des allusions à l’heroic fantasy, aux arts martiaux et à la culture asiatique en général, là aussi la référence « école du micro d’argent » semble évidente. Dans ce registre « Benkei et minamoto » et « Debout les braves » aux refrains très efficaces sortent du lot.  Le propos général reste sobre malgré quelque tentatives d’humour (intro « pain au chocolat) mais la violence est moins présente que sur d’autres disques des marseillais. Là où ils excellent c’est quand il raconte une histoire, comme dans « habitude » en duo avec un Faf Larage en grande forme ou dans « dernier coup d’éclat » où il revienne sur leur propre parcours mais surtout dans « manœuvres sombres, sombres manœuvres » véritable petit chef d’œuvre somme seul IAM sait les faire et dans lequel il narre l’histoire d’une bande de potes  voyous qui se déchire jusqu’à l’impensable. Un album sombre, adulte, aux productions de qualités qui montre qu’IAM est bel et bien le seul groupe de sa  génération à tenir encore le coup.

IAM - Sombres Manœuvres / Manouvres Sombres

Or Noir par Kaaris

Deux featurings avec booba et voilà Kaaris rappeur inconnu du grand public jusqu’alors sur le devant de la scène.  Or noir est un album de rap hardcore, noir, sale et violent. Du début jusqu’à la fin. Donc si vous êtes sensibles passez votre chemin ce disque n’est pas pour vous. Parmi les 17 titres du disque, « Zoo » fait d’ores et déjà office d’hymne hardcore et de classique du rap français. Dans ce morceau, K double A enchaine les punchlines plus hardcore les unes que les autres. Tout comme d’ailleurs la plupart des titres de cet album. D’où la difficulté de chroniquer ce disque piste par piste tant l’œuvre de Kaaris ne semble s’apprécier que dans son intégralité. Pourtant outre « zoo » déjà cité auparavant d’autres titres sortent du lot. « je bibi » avec son refrain plus qu’entrainant et sa référence désormais culte au patron de Bad Boy Records mais également « Bouchon de liège » où là encore le refrain efficace au possible dynamite le morceau. Mais les véritables pépites d’Or Noir sont « Paradis ou Enfer », « Dès le départ » et surtout « Or noir » titre éponyme porté par un clip particulièrement réussi.  Dans ce morceau, Kaaris se montre plus sensible, plus nuancé et d’une mélancolie qu’on ne pouvait deviner jusqu’alors. Plus globalement les intrus de Therapy sont toutes monstrueuses et à titre personnel je trouve que l’alchimie entre eux et le rappeur sevranais est plus évidente et efficace qu’avec Booba auparavant. Ce disque était le plus attendu de l’année en ce qui concerne le rap hardcore français et le moins qu’on puisse dire c’est que Kaaris a transformé nos espoirs en actes. Le récent « clash » qui l’oppose désormais à Booba et son envie visible de tout casser sur son passage laisse entrevoir de « belles » choses à venir de sa part. 

Kaaris - Or Noir

 

Casseurs Flowters par Casseurs Flowters

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L’humour dans le rap français est un exercice plus que casse gueule. Surtout quand on se met soit même en scène. Les rappeurs ayant souvent un égo démesuré, l’idée de rire de soi est un concept qui les dépasse.  Rien que pour ça, Orelsan et Gringe ont le mérite d’avoir fait cet album. Pour ça et pour le fait d’avoir assumé leur délire de bout en bout sans se soucier de la dictature du bon goût imposé par une partie du Game français. Résumer une journée de glandeurs en 18 titres tel est le concept de ce disque. Humour douteux, punchlines débiles et thèmes inédits voici ce qui compose cet album le tout posé sur les instrus « rétro-futuristes » de Skread.  Pour le contenu soyons clairs, les seuls morceaux particulièrement inécoutables sont les deux titres choisis comme single c’est-à-dire « bloqué » et « la mort du disque », le premier étant tout simplement indigeste tant aux niveaux du texte que de l’instru, le second bien que l’idée de base soit sympa souffre d’une instru hideuse qui gâche la moindre tentative d’écoute. Fort heureusement  le reste de l’album est bien plus sympathique voir particulièrement réussi.  D’une part parce qu’à part les deux morceaux cités auparavant, Skread, producteur de tout le disque, a fait du bon travail et a réussi à fournir des prods qui collent pile poil à l’ambiance voulu par les deux mcs.  D’autre part parce que la complicité entre les protagonistes transpirent de bout en bout du disque, notamment sur les deux meilleurs titres que sont « 2 connards dans un abri bus » et « les putes et moi » où Gringe et Orel donnent leur point de vue respectif (et opposé) sur la prostitution. L’autre grande réussite de l’album est « Dans la place pour être » où les deux rappeurs racontent leurs vies pré-rap avec un flow old school qui colle parfaitement avec l’instru boom rap de Skread.  « La nouvelle paire », « fais les backs »  ou bien « change de pote » bien que légèrement en dessous des titres précités restent de bonne facture. A noter la présence de nombreuses interludes dans un esprit à l’ancienne qui rappellent l’époque assez lointaine de « Ombre et Lumière ». L’esprit old school est d’ailleurs particulièrement présent que ce soit dans les instrus, les flows ou même dans l’esprit général du disque. En conclusion, je dirais que Orelsan et Gringe ont conçu un disque à leur image. Remplis de petits défauts mais drôle et puissamment efficace.

Casseurs Flowters en live - Fais les backs

 

Bad Cowboy par Seth Gueko

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Seth Gueko ou le seul mec capable de faire rimer « Illuminati » avez « la chatte à Julie Zennati ». Punchlines de pervers, références sous-culturelles à foison, ambiance lourde et humour à la Bigard sont les composantes de « Bad Cowboy ». D’ailleurs soyons clair et net l’interlude interprété par le célèbre humoriste en piste deux ne sert à rien même si l’on devine que le rappeur cherchait là une certaine reconnaissance populaire. Inutile à souhait tant les élucubrations du rappeur  relève de la culture pop hexagonal comme l’ont pu être en leur temps les dialogues d’Audiard, les chansons de Gainsbourg ou bien encore les livres de Fallet. La première chose que l’on remarque à l’écoute de ce disque c’est la volonté de Seth de se vouloir grand public. On ne lui reprochera pas car dans l’ensemble c’est plutôt réussi. Les prods d’une part sont moins agressives qu’auparavant et permettent de rendre le délire du mc plus accessible. D’autre part car même si ces textes restent pour la plupart des enchainements de punchlines et des égotrips qui ne disent pas leur nom, il a su y insérer une certaine narration qui rend l’ensemble plus cohérent. On notera aussi que l’imagerie gitane largement utilisé auparavant est dorénavant remplacé par une ambiance nettement plus asiatique dû au fait que Seth Gueko vit une partie de l’année en Thailande. Ce voyage de l’artiste lui permets d’apporter un peu de fraicheur à son personnage sans pour autant renier ce qu’il était avant. Coté featurings, c’est une impression en demi-teinte.  Autant les participations d’Orelsan et de Niro (dans l’excellent « chatte à mireille ») paraissent naturelles autant celle de Kery James sonne comme une immense blague restée incomprise jusqu’à ce jour.  Déjà parce que le flow de Kery est de plus en plus insupportable et d’autre part parce que le rap conscient (quelle que soit sa qualité) ne va du tout à Seth. Ce dernier a surement voulu montré qu’il était ouvert d’esprit ( ce qu’on savait déjà vu que sa musique est une véritable partouze culturelle ) et qu’il pouvait rapper sur des thème sérieux. Manque de pot pour lui, l’essai est loin d’être transformé. Pour autant ce n’est pas la collaboration la moins réussie du disque. En effet, « Ma Dalton » en duo avec Soprano est tout bonnement inécoutable.  Pourquoi ? La réponse étant dans la phrase d’avant, je vous laisse naviguer. J’ai beau être ouvert d’esprit et non violent, la voix du mc marseillais me donne des envies de meurtre de masse. Ni plus, ni moins. En ce qui concerne le reste de l’album seul le tube formaté à mort « Barbeuk (enfin l’été) » entre dans le bas de gamme. Parmi les plus belles réussites, on notera « Dodo la saumure », « paranoiak » et « bulldozer » tous les trois magnifiquement clipés ce qui avouons-le leur donne une épaisseur supplémentaire.  Le gitan du 95 réussit même l’exploit de se montrer un temps soit peu sensible sur « Zdezdegirl » sans pour autant être ridicule. En conclusion, un album grand public de qualité. Preuve que l’on peut atteindre le top des ventes sans formater ses sons pour Skyrock et sans vouloir copier-coller l’ambiance générale du rap français. 

Seth Gueko - Dodo La Saumure (Clip Officiel)

Posté par darrycowl à 18:05 - Commentaires [0] - Permalien [#]