La bande à Renaud par tous un tas de chanteurs et de chanteuses qu'on sait pas trop pourquoi ils sont là.

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J'avais, il y a peu, chroniqué un album de reprises de Renaud que j'avais trouvé fort sympatique et que les auteurs, ultime preuve de sympathie, avait laissé en libre téléchargement sur Internet. Le disque dont je vais vous parler ci dessous en est le parfait contraire. Là où le 1er cumulait originilaté, bon choix de chanson, interpréte plus ou moins connus, le second étale ses stars mais fournit une oeuvre formaté en tout point (à quelque rares exceptions) et fond particulièrement variétoch et de mauvais goût.

Debriefing titre par titre :

Manu par Jean-Louis Aubert : j'ai jamais été un grand fan de la voix d'Aubert mais là ça atteint des sommets de fausseté ce qui ma foi est une manière comme une autre de rendre hommage à Renaud. Arrangements variétoche bien pourrave comme sur les 3/4 des chansons du disque.

Mistral Gagnant par Coeur De Pirate : niveau arrangement c'est un copié collé parfaitement inutile, pour la voix je trouve que ça passe mais je suis pas objectif car fan de l'organe de Coeur de pirate à tel point que même si elle chantait le bottin ça m'aurait plu.

La pêche à la ligne par Bénabar : sa façon de chanter est tout juste insupportable. Cette façon de jongler entre le chanté et le parlé qui tombe mal m'horripile. Les arrangements je préfère même pas en parler, je vais être grossier.

Laisse béton par Disiz : Attenton je vais dire du bien de Disiz, c'était pas arrivé depuis 2002. En effet cette reprise est une des rares réussite de l'album à mes yeux. Une interprétation originale et couillu qui évite de lorgner vers le karaoké. 

Il pleut par Elodie Frégé : Aucun intérêt une fois de plus en ce qui concerne les arrangements. Sinon Elodie Frégé a une jolie voix mais pas pour ce type de texte. Décalage total.

Chanson pour pierrot par Raphael : Fade. Mais alors à un point. Une expression musicale de l'ennui. Ce qui est quand même fort car pour moi cette chansone est une des plus réussis de Renaud.

Hexagone par Nicolas Sirkis : J'ai bien aimé. Alors en effet, on dirait un pote qui te la chante un soir de fête de la musique mais je trouve que ça s'accorde bien avec la chanson.

Deuxième génération par Benjamin Biolay : Deuxième surprise. Version bien personnelle mais qui sonne pas ridicule pour autant. Pour moi la définition d'une bonne reprise. 

La ballade Nord Irlandaise par Nolwen Leroy : Troisième surprise. Belle voix. Interprétation et arrangements personnels et collant bien à l'ambiance. Je serais pas étonné que la demoiselle l’intègre à son tour de chant.

En cloque : Thiéfaine était le seul dont la présence était un tant soit peu crédible, malheureusement sa version d'en cloque patine surtout quand on connait la version qu'il avait fait sur scène dans les années 80. Mais ça reste une des moins pires.

C'est quand qu'on va où ? par Carla Bruni : Carla Bruni qui reprend une des chansons les plus anarchisantes de Renaud où comment faire monter la haine en moi en l'espace de quelque seconde. Surtout que mauvaise foi à part, elle miaule plus qu'elle chante et les arrangements n'ont aucun intérêt ce qui devient une habitude.

Je suis une bande de jeunes par Renan Luce, Alexis HK et Benoit Doremus : troisième surprise. La collaboration des trois artistes fait pas du tout fabriqué et le texte leur va à ravir. A noter que les 3 artistes ont interpreté ce titre à maintes reprises lors de leur tournée commune. Une des seules bonne reprises n'est donc pas une nouveauté ce qui en dit long sur la qualité de la galette.

La médaille par grands corps malade : T'as cru que j'allais dire un truc bien sur Grands Corps Malade ? Hé ben non, son slam colle pas du tout avec le piano de "La médaille" et c'est juste horrible à souhait.

Dés que le vent soufflera par tout le monde ou presque : bon déjà l'idée même de la collégiale en mode "enfoirés" c'est pourri mais alors là aucun naturel aucun intéret et des arrangements karaoké à vomir

En bonus le clip totalement hors propos de Coeur De Pirate.

Coeur de pirate - Mistral Gagnant

 

 

Rien par Odezenne - EP de transition

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La folie douce d’Odezenne est de retour avec Rien, EP composé de 5 titres, déjà disponible en digital, et à partir du 9 juin en physique (CD et Vinyl). Successeur de l’excellent et bien nommé O.V.N.I. sorti il y a deux ans, ce nouveau disque d'Odezenne propose des textes pointus, des prods hypnotiques et expérimentales, le tout porté par deux rappeurs à la voix suave et aux flows certes basiques mais toujours efficaces car teintés tour à tour de sensualité ou de violence en fonction des titres. Parmi ceux-ci, Je veux tout baiser sort du lot, avec son ambiance musicale inspirée de la BO de Twin Peaks, et son texte erotico-poétique, s’inscrivant parfaitement dans la tradition odezienne. Ce titre, à l’instar « du plus beau cul du monde » et de « saxophone » va certainement devenir un de ceux les plus réclamés sur scène par le public. Quant à « Rien » premier extrait de cet E.P. il détonne par son refrain en anglais qui semble tout autant craché que rappé. Seul Chimpanzéest un chouia en dessous même si le morceau reste sympathique. Novembre pour sa part apporte un peu de calme avant que Dieu est grand titre particulièrement planant vienne clôturer le disque en beauté. Un projet concis, certes, mais complexe, qui s’apprécie nettement plus s’il est écouté dans son intégralité. Cependant, une question surgit dès la première écoute. Est-ce toujours du rap ? Les instrus du groupe étaient déjà bien en marge du rap classique sur OVNI, mais on se rapproche de plus en plus de l’électro-pop aux textes scandés que du rap à proprement parler. Qu’importe au fond, la qualité est au rendez-vous, et c'est bien là l'essentiel.

Odezenne - Je Veux Te Baiser (Clip Officiel)

Dans ma boite vol.2 par Pand'or - back to the 90's

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S’il y a une chose que l’on ne peut pas reprocher à Pand’or, c’est bel et bien de dénigrer la qualité de ses textes. Son niveau d’écriture est toujours aussi élevé et ses titres comportent plus d’images, de références culturelles et de véritables punchlines qu’une bonne partie de la production francophone actuelle. L’excellent remix de Poignée de punchlines produit par Street Rockaz en est d’ailleurs la meilleure preuve qui soit. Il en est de même pour Quoi ma gueule sur une grosse prod de Vaati. Et c'est justement là que le bât blesse :  certaines instrumentales sonnent particulièrement old school, et font doublon avec le flow de la rappeuse, qui sent lui aussi les 90's. Un coté à l’ancienne qui, s’il fait mouche à la première écoute, peut lasser à la longue. Malgré tout, l’ensemble sonne juste et efficace, notamment lorsque les instrumentaux sortent des sentiers battus comme c’est le cas avec Shakalak sur lequel Pand’or livre sa meilleure prestation. Parmi les bonnes surprises notons la présence de S’enfumer où la rappeuse rappe sa dépendance avec une sensibilité et une franchise assez touchante. Les collaborations sont rares, et force est de constater qu’elles apportent peu ou prou, car bien souvent trop proches du style de la rappeuse. Globalement, Dans ma boite Vol.2 est un bon projet, qui se laisse écouter agréablement, même si on regrette certains choix peu judicieux de prods et ou de featurings.

Pand'or - Sombre (Prod Street Rockaz) Clip

Jeunes entrepreneurs par L’entourage - Rap d'ascenceur

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 La musique de L'entourage n’est pas mauvaise. Elle n’est pas bonne non plus. Elle est juste fade. Impossible pour moi de préférer un morceau à un autre, ni même de différencier un rappeur du collectif de son collègue. Tous les sons se ressemblent, les thèmes sont répétés à l’infini, et interchangeables à volonté d’un projet à l’autre. La majorité des titres présents sur ce disque pourraient l’être sur n’importe quel album de 1995 ou du S-Crew. Pire, des rappeurs comme Jazzy Bazz ou Deen Burbigo, que je trouvais plutôt bons en solo perdent tout intérêt une fois intégrés au collectif. La profusion de projets produits en seulement quelques années n’a certainement pas aidé. Malgré des instrus pas forcément dégueulasses, la formule ne prend pas, la faute à des flows trop simplistes et répétitifs, et à des textes caricaturaux abordant des thèmes maintes et maintes fois traités dans le rap français. Résultat : peu de choses à dire tant cet album s’entend plus qu’il ne s’écoute. Je suis presque incapable de citer une phrase de l’album ni même de dire quels sont mes morceaux préférés. Seul « Le vicieux » a un tant soit peu attiré mon attention. Pour le reste nada, que dalle, peau d’zob. On connaissait le rap conscient et le rap de rue, avec cet album L’entourage vient d’inventer le rap d’ascenseur.

L'Entourage - Caramelo (Clip Officiel)