Histoire d'inaugurer comme il se doit ce blog musique-ciné-séries-un peu de tout j'ai décidé de vous offrir mon top 10 des disques de rap français sortis en 2013. Y a des gens connus, d'autre moins. Ya du mainstream, du alternatif, du hardcore. Des albums et des E.P. Dans tous les cas y a que du bon vu que c'est bibi qu'a fait la sélection.

The Dude volume 1 par Moïse the Dude

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Ancien membre de Bhale Bacce Crew et de Moïse&Cosmar, Moïse The Dude débarque en solo avec un e.p. 7 titres durant lequel il fait l’éloge de l’égocentrisme, de la nonchalance et du nihilisme le plus complet qui soit.  Produit par une palette de Beatmakers divers et variés, l’ensemble reste pour autant cohérent notamment grâce à cette ambiance décontracté à mort et grâce à l’univers si particulier dans lequel le rappeur réussit à nous faire entrer.  Flow ralenti au maximum, références cinématographiques, rien-à-foutisme élevé au rang de l’art sont les composantes de la formule délivré par Moïse sur cet E.P. Deux titres sortent du lot, « Faire l’amour à ce jeu » et « Russe blanc », ce dernier étant particulièrement mis en valeur par son clip. Loin de l’imagerie gangster chers à certains et encore plus du moule démagogue/donneur de leçon, l’ensemble apparait comme un projet à l’identité bien marqué et se situe en dehors des sentiers battus du rap français. En conclusion je dirais que le seul défaut de cet opus reste sa durée.  Un ou deux morceaux de plus et par la même occasion un élargissement des thèmes n’aurait pas été de trop. La bonne nouvelle, c’est qu’un volume deux est en préparation et que l’inédit « Raging Bull » sorti entre temps annonce du lourd pour vos oreilles.

En écoute et en téléchargement ici : http://moisethedude.bandcamp.com/album/the-dude-vol-1

RUSSE BLANC - Moïse The Dude

 

 

Supernova par Nakk Mendosa

 

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A force d’employer le terme punchline à tort et à travers, on a fini par totalement en dénaturer le sens. Pourtant, s’il y a un mec en France qui excelle dans ce domaine, c’est bel et bien Nakk  Mendosa.  Sauf que chez lui la formule n’est jamais forcée, elle coule de source et qui plus est, elle appuie un propos.  Nakk réussit là où tant de mcs se vautrent, en livrant un disque de rap adulte sans pour autant virer dans la démagogie et le moralisme ambiant. En plus d’apporter des textes de qualité, Nakk sait se diversifier et prendre des libertés dans un rap game pourtant formaté. La preuve en est apporté par les deux premiers titres de l’opus où le rappeur livre des égotrips sans refrain sur des instrus certes simples mais qui vont de pair avec les textes toute en humilité du rappeur. Nakk apparait encore plus en forme quand il est accompagné, c’est le cas sur deux morceaux produit par l’excellent Sonar, tout d’abord « De temps en temps » où il partage le mic avec Ladéa et S pri noir deux artistes qui d’ordinaire me laissent froid et qui là offrent deux belle prestations surtout la rappeuse qui livre un de ses meilleurs couplets. S’en suit quelque pistes plus loin, « Dans la zone » où cette fois ci il partage l’affiche avec un Grodash particulièrement en forme.  Leurs deux styles pourtant bien différent se complètent avec un naturel bien étonnant.  L’autre force de Nakk, c’est d’être à l’aise sur tous les sujets, égotrips, vie dans la cité, amour et de se démarquer de tous les clichés. Le principal défaut de cet opus, ce sont les légères fautes de goûts en terme de prods qui ressortent ici ou là, notamment ces chœurs féminins qui font office de refrain sur certains titres. Malgré cela, le disque est de qualité et nous fait encore plus regretter que Nakk ne soit pas plus connu du grand public.

Nakk Mendosa - Mendosalve (Prod. Zekwe Ramos) / Clip Officiel 2013

Le cul entre deux 16 par Pand’or

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Deuxième E.P. de la rappeuse,  Le Cul entre deux 16, confirme tout le bien que je pense de Pand’or et de son talent. Découverte via rap contenders puis enchainant les appariations, la jeune femme fait petit à petit sa place dans un rap game particulièrement macho où les rares interventions  féminines révèlent bien plus souvent du sketch que de l’interprétation artistique. Composé de 9 titres, cet opus oscille entre égotrips, coups de colères et états d’âme, le tout posé sur des prods de Flev dont l’univers musical se marie à merveille à l’univers textuel de la demoiselle.  Sombre, épuré dans la forme mais complexe dans le fond.  La combinaison entre les deux artistes parait donc évidente et j’espère vraiment qu’ils retravailleront ensemble à l’avenir tant l’alchimie prend et rend l’écoute de ce disque plus qu’agréable. Techniquement, Pand’or rappe à l’ancienne, c’est un fait indéniable qu’elle-même reconnait puisqu’elle s’auto-appelle « la moyenâgeuse ». Cet aspect un peu daté de son interprétation pourra en arrêter plus d’un mais c’est sincèrement un des rares défauts de cet opus. La grande qualité des textes  ainsi que la rage et la sincérité flagrante de son rap prennent facilement le dessus et font de cet E.P. une réussite artistique indéniable.  Trois titres sortent du lot, « L’impasse », « La misanthrope » où l’artiste sample la voix de Bacri en intro et « Chaos et Agonie » où Pand’or alterne entre deux flows bien distincts mais tous les deux très efficaces.  Preuve que si la rappeuse faisait quelque efforts techniques, elle gagnerait deux ou trois échelons supplémentaires. 

En écoute :  http://cameliapandor.bandcamp.com/

PAND'OR - L'IMPASSE (Prod by Flev / Directed by Liltone Morris)

Boules à facettes par Phases Cachées.

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Deux mcs, un chanteur ragga. La formule n’est pas nouvelle certes (Sniper ? vous avez dit Sniper ?) sauf que là le groupe apporte une énergie plutôt rare sur la scène rap française. D’une parce que les 3 identités vocales du groupe sont complémentaires et que le chanteur ragga n’est pas cantonner à chanter les refrains comme c’est malheureusement souvent le cas dans ce genre de formation. De deux, parce que qu’il se dégage de cet album une énergie indéniable qui donne particulièrement envie de retrouver le groupe sur scène.

 Un esprit somme toute assez old school même si Phases Cachés est plutôt composé de jeunots, sur d’eux et dont le son est taillé pour la scène.  Leur jeune âge est d’ailleurs traité avec humour dans le titre « J’étais pas là » où ils racontent chacun leur tour le temps béni d’un rap français… qu’ils n’ont pas connu. L’humour est d’ailleurs ultra-présent tout le long du disque. Ne cherchez pas donc pas dans cet album, des morceaux à thèmes ou un quelque conque engagement, la seule mission du groupe c’est de kicker et de faire bouger les têtes sans pour autant d’ailleurs dénigrer la qualité des textes. Seul  le titre « Panique sur la ville » sort un temps soit peu de ce registre et ce n’est franchement pas la plus grande réussite de l’album. En dehors de cet léger incident de parcours, l’opus se compose de titres aux prods à l’énergie indéniables sur lesquels les 3 interprètes  y déposent des textes pleins d’humours et de références culturelles sans jamais pour autant tomber dans la facilité ou dans la blague potache. Rajoutez à cela, des flow techniques à souhait et une alchimie palpable entre les trois protagonistes et vous obtiendrez un des albums les plus intéressants et les plus funky de l’année 2013.

En écoute ici http://www.deezer.com/album/6412338

Phases Cachées - 4 Consonnes, 2 Voyelles

Gunz n’ rocé par Rocé

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J’ai découvert cet album par l’intermédiaire de sa première piste « en apnée ». Et pour être franc cet extrait ne m’avait pas emballé. Il avait faire craindre en moi en retour en arrière de Rocé. En effet, production à l’ancienne et basique, texte de qualité mais sans âme, refrain plus que réchauffé, ce titre donnait l’impression que Rocé avait envie de surfer sur la vague « back to the nineties » lancé par 1995 and co et ça c’était tout sauf une bonne nouvelle. Fort heureusement, « la vitesse m’empêche d’avancer » me fit de suite changer d’avis. Un sample et une boucle de malade, un thème propre à Rocé, un texte de qualité, une critique acerbe du système et le tour est joué. Ce qui suit est du même acabit, textes complexes mais superbement écrits, instrus lourdes et travaillés, seul le flow monotone de Rocé en arrêtera beaucoup. Malgré tout, le disque s’écoute agréablement et en une traite même si plusieurs écoutes sont parfois nécessaires pour appréhender toute la portée des textes.  Seul le titre « assis sur une pierre » reste en dessous du reste. Parmi les pépites, on retiendra « Mon rap ne tient qu’à un fil » rempli de punchlines hors normes et « actuel » en duo avec le trop rare JP Manova dont j’attends impatiemment le premier album solo. A noter que ce disque se clôt sur « Magic » titre hommage à DJ Medhi en featuring avec  Manu Key.

En écoute ici : http://www.deezer.com/album/6367239

Rocé - Assis Sur La Lune - Extrait de Gunz n'Rocé

Studio Liqueur par A2H et Aelpécha

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Aelpécha est un des mecs les plus prolifiques et talentueux que connaisse ce game et le fait qu’il soit si peu connu du grand public est une vraie injustice. Surtout que le boug, en plus d’être d’un rappeur de qualité et d’avoir su popularisé le son west coast en France, a un talent de producteur hors norme. Cet album en duo avec A2H est une pierre de plus à son édifice personnel  et un chef d’œuvre supplémentaire au catalogue du rap hexagonal. Les deux rappeurs étaient faits pour travailler ensemble et la complicité qui existe entre les deux se ressent tout le long de ses 13 titres.  Ambiance feutré et son g funk mis à goût du jour sont les principales caractéristiques de cet opus où les titres s’enchainent particulièrement bien. Certes les thèmes abordés sont parfois un peu redondants mais l’écriture est de qualité et permets d’oublier certaines redites. Les rares parties chantées sont réussis et apporte une douceur supplémentaire à cet opus idéal à écouter pour se mettre dans l’ambiance avant un rendez- vous galant. Les morceaux recevant des invités sont la plupart du temps les plus réussis, je pense notamment à « Allume la lumière » avec Taipan, à « ça n’a pas d’importance » avec Testos mais surtout à « mec de base » en duo avec Driver qui comme souvent excelle.  L’album se conclut par un morceau multi invités dénommé « Zig Zag »  sorte de cerise sur le gâteau.

http://www.deezer.com/album/6564427

Aelpéacha & A2H - Présent (Clip Officiel)

Arts Martiens par IAM

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IAM, 25 ans de carrière ou presque, 6 albums (7 avec concept) du très lourd (97 % de l’école du micro d’argent), des vieilleries qui tiennent le coup (Attentat 2, j’aurais pu croire, le mia..), d’autres qui n’ont pas supporté la violence du temps (97 % du premier album), le départ de Freeman, un album « saison 5 » particulièrement mauvais et une image de darons moralisateurs qui font d’eux un groupe de vieux. Voilà pour le résumé et le contexte.  Autant vous dire que pour ce nouvel album rien n’était joué d’avance. Surtout que les quelque extraits lâchés sur le net avant la sortie du disque ne mettait pas plus en joie que ça. Alors évidemment quand j’ai écouté Arts Martiens en entier, j’ai été agréablement surpris. Par la production déjà. Le retour aux fondamentaux se fait sentir et l’envie de retrouver le son « école du micro d’argent » parait évidente sans pour autant sombrer dans le copier-coller. Techniquement, Shurik’n et Akhenaton rappent à l’ancienne mais leurs flows n’apparaissent pas daté pour autant et sont même nettement moins poussif que sur « saison 5 » pour la simple et bonne raison que les instrus sur lesquels ils posent leur va nettement mieux que celles du précédent album. Et quitte à paraître méchant Freeman ne me manque pas, ni pas sa plume (bien en dessous de celles de ses ex-collègues) ni par son flow poussif à souhait sur Saison 5. Coté texte,  on notera une recrudescence des allusions à l’heroic fantasy, aux arts martiaux et à la culture asiatique en général, là aussi la référence « école du micro d’argent » semble évidente. Dans ce registre « Benkei et minamoto » et « Debout les braves » aux refrains très efficaces sortent du lot.  Le propos général reste sobre malgré quelque tentatives d’humour (intro « pain au chocolat) mais la violence est moins présente que sur d’autres disques des marseillais. Là où ils excellent c’est quand il raconte une histoire, comme dans « habitude » en duo avec un Faf Larage en grande forme ou dans « dernier coup d’éclat » où il revienne sur leur propre parcours mais surtout dans « manœuvres sombres, sombres manœuvres » véritable petit chef d’œuvre somme seul IAM sait les faire et dans lequel il narre l’histoire d’une bande de potes  voyous qui se déchire jusqu’à l’impensable. Un album sombre, adulte, aux productions de qualités qui montre qu’IAM est bel et bien le seul groupe de sa  génération à tenir encore le coup.

IAM - Sombres Manœuvres / Manouvres Sombres

Or Noir par Kaaris

Deux featurings avec booba et voilà Kaaris rappeur inconnu du grand public jusqu’alors sur le devant de la scène.  Or noir est un album de rap hardcore, noir, sale et violent. Du début jusqu’à la fin. Donc si vous êtes sensibles passez votre chemin ce disque n’est pas pour vous. Parmi les 17 titres du disque, « Zoo » fait d’ores et déjà office d’hymne hardcore et de classique du rap français. Dans ce morceau, K double A enchaine les punchlines plus hardcore les unes que les autres. Tout comme d’ailleurs la plupart des titres de cet album. D’où la difficulté de chroniquer ce disque piste par piste tant l’œuvre de Kaaris ne semble s’apprécier que dans son intégralité. Pourtant outre « zoo » déjà cité auparavant d’autres titres sortent du lot. « je bibi » avec son refrain plus qu’entrainant et sa référence désormais culte au patron de Bad Boy Records mais également « Bouchon de liège » où là encore le refrain efficace au possible dynamite le morceau. Mais les véritables pépites d’Or Noir sont « Paradis ou Enfer », « Dès le départ » et surtout « Or noir » titre éponyme porté par un clip particulièrement réussi.  Dans ce morceau, Kaaris se montre plus sensible, plus nuancé et d’une mélancolie qu’on ne pouvait deviner jusqu’alors. Plus globalement les intrus de Therapy sont toutes monstrueuses et à titre personnel je trouve que l’alchimie entre eux et le rappeur sevranais est plus évidente et efficace qu’avec Booba auparavant. Ce disque était le plus attendu de l’année en ce qui concerne le rap hardcore français et le moins qu’on puisse dire c’est que Kaaris a transformé nos espoirs en actes. Le récent « clash » qui l’oppose désormais à Booba et son envie visible de tout casser sur son passage laisse entrevoir de « belles » choses à venir de sa part. 

Kaaris - Or Noir

 

Casseurs Flowters par Casseurs Flowters

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L’humour dans le rap français est un exercice plus que casse gueule. Surtout quand on se met soit même en scène. Les rappeurs ayant souvent un égo démesuré, l’idée de rire de soi est un concept qui les dépasse.  Rien que pour ça, Orelsan et Gringe ont le mérite d’avoir fait cet album. Pour ça et pour le fait d’avoir assumé leur délire de bout en bout sans se soucier de la dictature du bon goût imposé par une partie du Game français. Résumer une journée de glandeurs en 18 titres tel est le concept de ce disque. Humour douteux, punchlines débiles et thèmes inédits voici ce qui compose cet album le tout posé sur les instrus « rétro-futuristes » de Skread.  Pour le contenu soyons clairs, les seuls morceaux particulièrement inécoutables sont les deux titres choisis comme single c’est-à-dire « bloqué » et « la mort du disque », le premier étant tout simplement indigeste tant aux niveaux du texte que de l’instru, le second bien que l’idée de base soit sympa souffre d’une instru hideuse qui gâche la moindre tentative d’écoute. Fort heureusement  le reste de l’album est bien plus sympathique voir particulièrement réussi.  D’une part parce qu’à part les deux morceaux cités auparavant, Skread, producteur de tout le disque, a fait du bon travail et a réussi à fournir des prods qui collent pile poil à l’ambiance voulu par les deux mcs.  D’autre part parce que la complicité entre les protagonistes transpirent de bout en bout du disque, notamment sur les deux meilleurs titres que sont « 2 connards dans un abri bus » et « les putes et moi » où Gringe et Orel donnent leur point de vue respectif (et opposé) sur la prostitution. L’autre grande réussite de l’album est « Dans la place pour être » où les deux rappeurs racontent leurs vies pré-rap avec un flow old school qui colle parfaitement avec l’instru boom rap de Skread.  « La nouvelle paire », « fais les backs »  ou bien « change de pote » bien que légèrement en dessous des titres précités restent de bonne facture. A noter la présence de nombreuses interludes dans un esprit à l’ancienne qui rappellent l’époque assez lointaine de « Ombre et Lumière ». L’esprit old school est d’ailleurs particulièrement présent que ce soit dans les instrus, les flows ou même dans l’esprit général du disque. En conclusion, je dirais que Orelsan et Gringe ont conçu un disque à leur image. Remplis de petits défauts mais drôle et puissamment efficace.

Casseurs Flowters en live - Fais les backs

 

Bad Cowboy par Seth Gueko

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Seth Gueko ou le seul mec capable de faire rimer « Illuminati » avez « la chatte à Julie Zennati ». Punchlines de pervers, références sous-culturelles à foison, ambiance lourde et humour à la Bigard sont les composantes de « Bad Cowboy ». D’ailleurs soyons clair et net l’interlude interprété par le célèbre humoriste en piste deux ne sert à rien même si l’on devine que le rappeur cherchait là une certaine reconnaissance populaire. Inutile à souhait tant les élucubrations du rappeur  relève de la culture pop hexagonal comme l’ont pu être en leur temps les dialogues d’Audiard, les chansons de Gainsbourg ou bien encore les livres de Fallet. La première chose que l’on remarque à l’écoute de ce disque c’est la volonté de Seth de se vouloir grand public. On ne lui reprochera pas car dans l’ensemble c’est plutôt réussi. Les prods d’une part sont moins agressives qu’auparavant et permettent de rendre le délire du mc plus accessible. D’autre part car même si ces textes restent pour la plupart des enchainements de punchlines et des égotrips qui ne disent pas leur nom, il a su y insérer une certaine narration qui rend l’ensemble plus cohérent. On notera aussi que l’imagerie gitane largement utilisé auparavant est dorénavant remplacé par une ambiance nettement plus asiatique dû au fait que Seth Gueko vit une partie de l’année en Thailande. Ce voyage de l’artiste lui permets d’apporter un peu de fraicheur à son personnage sans pour autant renier ce qu’il était avant. Coté featurings, c’est une impression en demi-teinte.  Autant les participations d’Orelsan et de Niro (dans l’excellent « chatte à mireille ») paraissent naturelles autant celle de Kery James sonne comme une immense blague restée incomprise jusqu’à ce jour.  Déjà parce que le flow de Kery est de plus en plus insupportable et d’autre part parce que le rap conscient (quelle que soit sa qualité) ne va du tout à Seth. Ce dernier a surement voulu montré qu’il était ouvert d’esprit ( ce qu’on savait déjà vu que sa musique est une véritable partouze culturelle ) et qu’il pouvait rapper sur des thème sérieux. Manque de pot pour lui, l’essai est loin d’être transformé. Pour autant ce n’est pas la collaboration la moins réussie du disque. En effet, « Ma Dalton » en duo avec Soprano est tout bonnement inécoutable.  Pourquoi ? La réponse étant dans la phrase d’avant, je vous laisse naviguer. J’ai beau être ouvert d’esprit et non violent, la voix du mc marseillais me donne des envies de meurtre de masse. Ni plus, ni moins. En ce qui concerne le reste de l’album seul le tube formaté à mort « Barbeuk (enfin l’été) » entre dans le bas de gamme. Parmi les plus belles réussites, on notera « Dodo la saumure », « paranoiak » et « bulldozer » tous les trois magnifiquement clipés ce qui avouons-le leur donne une épaisseur supplémentaire.  Le gitan du 95 réussit même l’exploit de se montrer un temps soit peu sensible sur « Zdezdegirl » sans pour autant être ridicule. En conclusion, un album grand public de qualité. Preuve que l’on peut atteindre le top des ventes sans formater ses sons pour Skyrock et sans vouloir copier-coller l’ambiance générale du rap français. 

Seth Gueko - Dodo La Saumure (Clip Officiel)